Pieter De Crem sous le feu des critiques

Le ministre de la Défense, Pieter De Crem, sous le feu de critiques, s'est étonné mercredi des "réactions hors de proportions" selon lui qui ont suivi l'invitation qu'il a adressée à son homologue congolais, Charles Mwando Nsimba, et à une délégation venue de République démocratique du Congo (RDC) à assister au défilé de la Fête nationale, le 21 juillet prochain.

"Je l'ai invité oralement à venir avec une délégation", a affirmé Pieter De Crem (CD&V) en commission de la Défense de la Chambre, précisant qu'il s'agissait d'une "formule de politesse" en réponse à une lettre de Charles Mwando l'invitant lui-même, ainsi que le chef de la Défense, le général Charles-Henri Delcour, à assister au défilé du 30 juin à Kinshasa à l'occasion du 50ème anniversaire de l'indépendance de la RDC - où le roi Albert II sera en principe présent.

Rapports de l'ONU

"Les modalités, on en parlera au niveau du gouvernement", a-t-il dit en substance à propos de la possible visite de cette délégation congolaise, tout en dressant le bilan de son séjour, de mercredi dernier à mardi, en RDC.

Pieter De Crem avait annoncé samedi à Kinshasa avoir invité son homologue congolais à une visite de réciprocité. "Et le meilleur moment pour ce faire est notre fête nationale où nous évoquerons aussi l'anniversaire de l'indépendance du Congo avec la participation d'une délégation militaire à la place des Palais", avait-il ajouté.

Le ministre a été soumis mercredi à un feu roulant de questions et d'interpellations sur ses propos. Certains députés d'opposition, comme Dirk Van der Maelen (sp.a) ou Wouter De Vriendt (Groen!), lui ont reproché d'avoir commis une "gaffe" ou une "faute politique grave" et l'ont enjoint d'éviter toute participation de militaires congolais au défilé à Bruxelles et de Belges le 30 juin à Kinshasa - une possibilité évoquée par le chef d'état-major des Forces armées de la RDC (FARDC), le lieutenant-général Didier Etumba, devant quelques journalistes.

Ils ont invoqué de nombreux rapports de l'ONU et d'organisations de défense des droits de l'Homme dénonçant les exactions (meurtres, viols, pillages) commis par certaines unités des FARDC.

Stagiaires congolais en formation à l'ERM

Dans la majorité, son prédécesseur André Flahaut (PS) a suggéré de faire défiler - comme c'est déjà le cas depuis plusieurs années - des stagiaires congolais en formation en Belgique, comme des élèves-officiers de l'Ecole royale militaire (ERM), tout en parlant d'une invitation "peut-être prématurée" et "non concertée" avec les autres membres du gouvernement. Quant à une participation belge à un défilé en RDC, il a jugé qu'elle pourrait avoir lieu "plus tard" que cette année.

Pieter De Crem a rappelé le contenu du nouvel accord de coopération militaire qu'il a conclu samedi avec Charles Mwando et prévoyant notamment la poursuite de l'accompagnement du 321ème bataillon commando, une unité d'élite formée par des instructeurs belges qui s'est illustrée en reprenant en décembre une ville du nord-ouest de la RDC à des insurgés.

Cet "arrangement technique" envisage aussi des activités de formation en commun en 2011 et 2012, dont l'éventuel "coaching" d'un second bataillon.

Le ministre a souligné que le 321ème bataillon avait "mené à bien toutes ses missions avec discipline". Il faut "accompagner cette évolution".

Il a néanmoins assuré qu'il profitait de "toutes les occasions" qui lui sont offertes pour parler des problèmes récurrents de l'armée congolaise.

Selon Pieter De Crem, les Etats-Unis, qui ont aussi entamé d'encadrer un bataillon des FARDC à Kisangani (nord-est), ont demandé des informations à la Belgique et ont adopté la même approche. (Belga)