Un sommet belge au cœur de Bruxelles

Un super-conseil des ministres rassemble ce vendredi, au palais d’Egmont à Bruxelles, 42 ministres et secrétaires d’Etat issus des exécutifs fédéral, régionaux et communautaires. A l’agenda de cette réunion peu courante : des dossiers européens et le Plan pour 10 ans que propose le Premier ministre Yves Leterme pour relancer l’économie belge.

L’initiative d’organiser un super-conseil des ministres, ce vendredi dans la grande salle du Palais d’Egmont (photo), non loin du ministère des Affaires Etrangères à Bruxelles, émane du Premier ministre Yves Leterme (CD&V).

Les membres des six gouvernements fédéral, régionaux et communautaires que compte la Belgique se réunissent régulièrement, comme notamment lors du rendez-vous mensuel du Comité de concertation, mais il est nettement plus rare qu’autant de ministres soient réunis en Conseil. D’où le déménagement de la réunion de la Rue de la Loi au Palais d’Egmont.

Les 42 ministres et secrétaires d’Etat présents doivent notamment se mettre d’accord sur le point de vue que défendra la Belgique lors du traditionnel sommet européen printanier, qui aura lieu à la fin du mois de mars. Les ministres discutent également d’un certain nombre de dossiers que la Belgique veut aborder au cours de sa présidence à l’Union européenne, pendant le second semestre de 2010.

 Mais la politique intérieure figure également à l’agenda de ce vendredi. Il sera avant tout question de la situation économique de la Belgique et d’un Plan pour 10 ans que veut élaborer le Premier ministre. Yves Leterme (photo) veut passer des mesures défensives contre la récession à des mesures plus structurelles qui devraient permettre au pays de renouer avec la croissance.

L’Agenda 2020 prévoirait une sorte d’union sacrée entre le fédéral, les Régions et les Communautés linguistiques, mais aussi avec les partenaires sociaux, dans l’optique du « fédéralisme de coopération ».

Concrètement, Leterme prévoit de remodeler la stratégie européenne pour 2020 - centrée sur les aspects du taux d’activité, de la recherche et du développement, des émissions de CO2, des jeunes sans diplôme et de la pauvreté - en une stratégie belge. Le Premier ministre a donné en quelque sorte le coup d’envoi de ce plan « de la crise à la croissance », le week-end dernier, en proposant que les personnes âgées de plus de 65 ans soient autorisées à gagner un complément illimité à leur pension.

Ce vendredi plusieurs autres dossiers concrets devraient également être débattus, comme la politique d’emploi, la défiscalisation de la recherche ou la diminution de la TVA pour la construction de bâtiments scolaires.

Ingrid Lieten remplace Kris Peeters

Ce ne sont néanmoins pas tous les ministres des six gouvernements fédéral, régionaux et communautaires qui participent au super-conseil de ce vendredi. Le gouvernement fédéral y participe dans son ensemble, tout comme l’ensemble des ministres du gouvernement flamand.

Le gouvernement wallon, le gouvernement de la Communauté française et le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale sont par contre représentés chacun par quatre ministres.

Le gouvernement de la Communauté germanophone est lui représenté uniquement par son ministre-président Karl-Heinz Lambertz (SP) à Bruxelles.

C’est la vice-ministre présidente du gouvernement flamand et ministre régionale de l’Innovation, des Médias et de la Lutte contre la Pauvreté, Ingrid Lieten (SP.A, photo), qui préside la délégation du gouvernement flamand au Palais d’Egmont. Elle remplace en effet le ministre-président Kris Peeters (CD&V), qui se remet actuellement d’une opération successive à sa chute de cheval le week-end dernier.