Leterme défend le maintien des troupes belges en Afghanistan

Devant la Commission Défense et Relations extérieures de la Chambre, le Premier ministre et les ministres des Affaires Etrangères, de l’Intérieur, de la Défense et de la Coopération au développement ont défendu ce lundi la décision du conseil des ministres restreint de prolonger jusque fin 2011 la présence militaire belge en Afghanistan. L’opposition proteste notamment contre l’absence de débat préalable d’évaluation au Parlement.

A la fin du mois dernier, le conseil des ministres restreint décidait de prolonger jusque fin 2011 la participation militaire belge à la mission de l’Otan en Afghanistan. Flanqué des ministres Steven Vanackere (Affaires Etrangères), Annemie Turtelboom (Intérieur), Pieter De Crem (Défense) et Charles Michel (Coopération au développement), Yves Leterme défendait ce lundi en Commission de la Chambre cette décision du gouvernement belge.

Le Premier ministre (photo archives) a affirmait que la décision visait à « garantir la stabilité dans la région ». Alors que le parti écologiste flamand Groen ! proteste contre l’absence de débat préalable d’évaluation au Parlement et que le parti socialiste flamand SP.A affirme que la Belgique s’est « aplatie » devant les demandes de l’Otan, Yves Leterme a déclaré que le gouvernement n’avait pas répondu favorablement à une demande explicite d’envoi de troupes supplémentaires exprimée par l’Otan qui dirige la force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (ISAF).

Le ministre Vanackere a, de son côté, affirmé que la décision - difficile - de prolonger la mission belge avec un maximum de 626 hommes et l’envoi de 28 instructeurs supplémentaires au profit de l’armée afghane s’inscrit dans la stratégie internationale définie lors de la conférence de Londres, le 28 janvier dernier, visant à confier toujours plus de responsabilités aux Afghans dans une approche tant militaire que civile.

Le ministre des Affaires Etrangères a ajouté que la présence diplomatique belge à Kaboul sera encore renforcée par la nomination d’un ambassadeur, qui sera assisté par un collaborateur diplomatique et du personnel engagé sur place.

Le ministre De Crem a, quant à lui, indiqué que le budget net de l’engagement militaire belge en 2010 est estimé à 53 millions d’euros et celui pour 2011 à 51,6 millions.

Alors que le député SP.A Dirk Van der Maelen affirmait que « la guerre en Afghanistan n’est pas le moyen d’éviter des attentats. Ces derniers sont préparés actuellement au Soudan et au Pakistan, pas en Afghanistan », les ministres fédéraux rétorquaient que l’opposition n’a pas proposé de solution alternative à la mission belge en Afghanistan.