Peu d’emploi pour les chômeurs plus âgés

De tous les demandeurs d’emploi âgés de plus de 50 ans, ceux qui résident en Belgique ont le moins de chance de retrouver un travail. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par le Centre Travail et Economie sociale de l’Université catholique de Louvain (Brabant flamand).

L’étude du Centre Travail et Economie sociale de l’Université Catholique de Louvain a analysé la situation des chômeurs de plus de 50 ans en Flandre et est parvenue à la conclusion qu’il n’y a que trois régions ou pays dans toute l’Europe où il est encore plus difficile pour cette catégorie de demandeurs d’emploi de retrouver du travail : la Slovénie, Bruxelles et la Wallonie.

On sait de longue date que la Belgique éprouve des difficultés à maintenir sa population de plus de 50 ans au travail, mais il semble que la situation se soit encore détériorée ces deux dernières années. A peine 6% de toutes les personnes qui trouvent du travail en Flandre sont âgées de plus de 50 ans.

Les chiffres de l’Université Catholique de Louvain montrent en effet qu’en 2009, seuls 5,7% des recrutements concernaient des personnes de plus de 50 ans. Un an plus tôt, le taux se situait encore à 6,4%, et à 6,7% en 2007. En revanche, la proportion de personnes âgées de plus de 50 ans au sein de la population active a augmenté ces dernières années. Elle est ainsi passée de 17,6% en 2003 à 22,7% en 2009.

La situation est donc d’autant plus inquiétante. A cela s’ajoute le fait que de nombreux chômeurs de plus de 50 ans sont des travailleurs très qualifiés.

L’expérience trop peu prise en compte

La crise économique n’explique pas à elle seule la situation très critique des chômeurs de plus de 50 ans sur le marché de l’emploi en Flandre. En effet, dans d’autres pays européens les demandeurs d’emploi plus âgés bénéficient d’une aide pour retrouver un travail. Ainsi en Grande-Bretagne, la situation est 6 fois meilleure qu’en Flandre et en Norvège même 7 fois meilleure, indique l’étude de la KU Leuven.

Selon le chercheur Luc Sels, les mauvais chiffres de la Flandre s’expliquent de deux façons. D’une part, les employeurs ne prêtent pas suffisamment d’attention aux atouts qu’apportent les travailleurs de plus de 50 ans, à commencer par leur expérience.

"Malgré les stimulants mis en place par les autorités flamandes, comme des primes à l’emploi de personnes de plus de 50 ans, les employeurs ne se sont pas vraiment montrés prêts à engager des personnes plus âgées", explique Sels.

Et d’autre part, il semble que les chômeurs plus âgés voient souvent peu de raisons pour rechercher réellement un nouvel emploi. « De nombreux candidats ont l’impression que parce qu’ils sont un plus âgés ils ne sont plus désirés sur le marché de l’emploi ».