Mgr Léonard dénonce le "silence coupable" de l’Eglise

Mgr André Léonard a dénonce le "silence coupable" de l'Eglise en matière de pédophilie et fustige l'avortement, dans l'homélie de Pâques qu'il a prononcé samedi lors de la veillée pascale en la Cathédrale Saint-Rombaut à Malines et dimanche matin en la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles.

"Pendant des décennies, l'Eglise, comme d'autres institutions, a mal géré le problème de la pédophilie en son sein alors qu'elle avait toutes les raisons évangéliques de veiller au respect de la dignité de ces enfants", déclare le Primat de Belgique.

"Par un silence coupable, on a souvent préféré la réputation de certains hommes d'Eglise à l'honneur de ces enfants abusés. Il nous faut, par la force de la vérité, restituer dans leur dignité ceux qui furent abominablement exploités. La récente lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande est exemplaire à cet égard".

Anti-avortement

Vingt ans après sa dépénalisation en Belgique, Mgr Léonard dénonce également l'avortement.

"Chaque année, au moins 50 millions d'êtres humains en croissance sont avortés dans le sein maternel, comme s'ils ne valaient pas la peine d'exister.

Mais toujours il se trouvera des chrétiens et d'autres hommes et femmes de bonne volonté pour tenir qu'il est possible d'honorer (...) ce petit embryon, ce fœtus qu'elles portent et qui est bien distinct d'elles.

Tous, nous avons été cela dans le ventre maternel. Et nous ne sommes ici que parce que nous avons été respectés quand nous en étions à ce stade vulnérable de notre vie.

Ici aussi, il nous faut rendre honneur et dignité à ce que notre société considère trop facilement comme de simples déchets biologiques".

Référence au druide Panoramix, compagnon d’Astérix

Mgr Léonard insiste également l'importance de la fête de Pâques.

"C'est le monde entier, c'est toute l'histoire du monde qui a basculé de la mort à la vie, du désespoir à l'espérance, avec la Résurrection de Jésus.

Je sais bien qu'il n'est pas facile de croire à la résurrection de Jésus et à la nôtre, mais, sans Pâques, la naissance de l'Eglise et la rédaction du Nouveau Testament seraient totalement incompréhensibles (...).

Sans la scène décrite dans l'évangile de ce jour, nous ne serions pas ici, mais cueillerions du gui dans nos forêts celtiques sous la conduite du druide Panoramix".(avec Belga)