La nouvelle ambassade belge à Tokyo

Le Premier ministre Yves Leterme et le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, ont inauguré officiellement jeudi la nouvelle ambassade de Belgique à Tokyo en présence du chef du gouvernement japonais, Yukio Hatoyama, et de quelque 700 invités.

Dans l'allocution prononcée à l'occasion de cette inauguration, MM. Leterme et Vanackere ont souligné l'importance des bonnes relations entre la Belgique et le Japon, rappelant notamment qu'environ 220 entreprises japonaises sont présentes en Belgique, procurant du travail à quelque 25.000 personnes.

Au départ, l'ambassade à Tokyo avait envisagé une cérémonie d'ouverture assez modeste en présence du seul ministre des Affaires étrangères.

Mais au fil des contacts en vue de son organisation, la cérémonie a pris de l'ampleur avec l'annonce de la venue du Premier ministre et la participation de représentants de la famille impériale en la personne du prince et de la princesse Hitachi qui ont assisté à un concert donné par Ikujo Kaniya (piano) et Yayoi Toda (violon).

Steven Vanackere se lance dans le haïku

Anciens lauréats du Concours Reine Elisabeth que la dernière a remporté en 1993, ils ont été choisis pour marquer les liens entre la Belgique et le Japon sur le plan culturel.

Steven Vanackere (photo) a aussi rappelé l'intérêt du premier président permanent de l'Union européenne, le Belge Herman Van Rompuy, pour l'art très japonais du haïku. Il a osé se lancer lui-même dans cet exercice difficile et a clôturé son intervention en lisant sa première oeuvre du genre: "Cherrytrees in spring; embassy in a garden; blossoming friendship".

Fin d'une longue saga

L’inauguration ce jeudi de la nouvelle ambassade de Belgique met fin à une longue saga. La vente du terrain sur lequel se trouve l'ambassade à Tokyo et le déménagement de celle-ci sont en effet régulièrement évoqués depuis les années 80.

La vente a souvent été comptabilisée dans les budgets au même titre que les hypothétiques revenus escomptés de la lutte contre la fraude fiscale.

La question fut finalement tranchée le 24 février 2006 lorsque le Conseil des ministres marqua son accord pour l'opération immobilière sur le terrain de l'ambassade.

La nouvelle ambassade permet à notre pays de bénéficier d'un rayonnement exceptionnel, et de réaliser au même instant une opération financière très intéressante, souligne les Affaires étrangères.

Depuis 1893

La diplomatie belge est présente au Japon depuis 1893. En 117 ans, nos représentants se sont succédés dans 4 ambassades différentes.

L'actuelle nouvelle ambassade a été construite sur une partie du terrain occupée par celle construite après la seconde guerre mondiale.

Le 14 août 1942, la légation suédoise à Tokyo prévint en effet le ministère des Affaires étrangères belges de la destruction totale des bâtiments et du saccage du sublime jardin de l'ambassade acquise en 1927.

Le Japon offrit un peu plus de dix ans plus tard à la Belgique une indemnité de 78 millions de yens (625.175 d'euros) en contre partie de la perte de son ambassade.

Avec cette somme, la Belgique acquit un terrain de 3.800m2 au 5 Niban-cho, dans le quartier Chiyoda-ku, à quelques encablures du Palais impérial.

Notre pays y entreprit la construction de la chancellerie, de la résidence de l'ambassadeur, d'une maison pour son collaborateur et de quelques autres logements pour leur personnel.

Sortis de terre en 1960, ces bâtiments ont malheureusement trop rapidement subi les ravages du temps.

Mal intégrés dans leur environnement, peu respectueux de l'écologie et sans grand confort, ils ont très vite été dépréciés et remis en question.

Ces constructions n'étaient en outre plus capables de répondre aux normes sismiques.

Ainsi songeait-on déjà dès le début des années 80 à construire un nouveau complexe diplomatique sur cet agréable terrain.

Le 24 février 2006, le Conseil des ministres marqua son accord pour une opération immobilière sur le terrain de l'ambassade de Belgique à Tokyo.

Deux critères essentiels pour l'attribution du marché avaient été mis en exergue par le Conseil des ministres : le prix et la qualité de l'offre.

Comme Maître d'ouvrage, la Belgique désirait en effet obtenir le revenu net le plus important possible de la vente d'une partie de son terrain et pouvoir bénéficier de conditions intéressantes tant pour la reconstruction d'une ambassade, dont l'image contribuerait au rayonnement de notre pays, que pour le coût de l'hébergement temporaire de la diplomatie.

Sur base de ces critères, l'Etat belge estima que l'offre du consortium Mitsubishi-Takenaka était la meilleure.

La proposition de ce solide groupe financier, leader du marché immobilier dans le quartier où est située l'ambassade, répondait d'une part au critère de qualité et avait, en outre, l'énorme avantage d'être très attractive au niveau budgétaire.

En effet, la vente d'une partie du terrain a assuré à la Belgique une recette de 417,747 millions d'euros dans laquelle ont pu être puisés les 24 millions d'euros pour la construction de la nouvelle ambassade et les 5,7 millions d'euros destinés à financer l'hébergement temporaire des diplomates.

La Belgique a donc perçu une confortable rentrée de 388 millions d'euros et dispose aujourd'hui d'un merveilleux outil de travail dans un des plus beaux quartiers de la capitale nipponne.

Ce bâtiment abrite l'ambassade en elle-même et les bureaux des représentants des communautés et des régions, mais également la résidence de l'ambassadeur et les logements des collaborateurs.

De plus, l'esplanade, les accès et les bancs qui composent le "Belgian Square" aux abords de l'ambassade ont été construits à l'aide d'un matériau bien de chez nous : la pierre bleue des carrières du Hainaut.(Belga)