USA vagues à propos d'armes à Kleine Brogel

En marge du sommet sur la sécurité nucléaire, convoqué à Washington par Barack Obama, le Premier ministre belge Yves Leterme s’est entretenu lundi avec James Jones, le conseiller à la sécurité nationale du président américain. Ce dernier est resté « évasif » à propos de l’avenir des armes nucléaires tactiques américaines qui seraient entreposées depuis les années 1960 sur la base aérienne militaire belge de Kleine Brogel.

Le Premier ministre belge Yves Leterme (CD&V) est au nombre de la cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement qui participaient au sommet de deux jours, à Washington, sur la sécurité nucléaire. Pour le président américain Barack Obama, il s’agissait d’examiner à un niveau international comment empêcher que des groupes terroristes ne s’emparent jamais d’une arme nucléaire.

Avant le début du sommet, ce lundi, Yves Leterme (photo) a déclaré à Washington : « Nous devons réduire au maximum les risques que des matériaux nucléaires ne tombent en de mauvaises mains et nous devons protéger les gens contre l’utilisation terroriste de l’énergie atomique ».

Le Premier ministre a également affirmé que la Belgique pouvait jouer un rôle dans une coopération internationale pour lutter contre la prolifération des matières fissiles. Et de citer le Centre d’étude de l’énergie nucléaire (CEN) de Mol, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) et l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM).

Yves Leterme indiquait aussi que la Belgique va débloquer 300.000 dollars (environ 200.000 euros) au bénéfice du fonds de sécurité nucléaire de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA).

Yves Leterme s’entretient avec James Jones

En marge du sommet, le Premier ministre rencontrait lundi l’ex-général James Jones, le conseiller à la sécurité nationale du président des Etats-Unis. Les deux hommes ont abordé cinq dossiers principaux.

Ils se sont ainsi entretenus sur l’Iran, James Jones indiquant au Premier ministre belge que la Chine se serait montrée prête à soutenir la prise de sanctions contre l’Iran.

L’entretien a également porté sur le Proche-Orient et sur la République démocratique du Congo. Le conseiller de Barack Obama a ensuite tenu à remercier explicitement la Belgique pour avoir prolongé sa mission militaire en Afghanistan jusqu’à la fin de 2011, soit d’une année supplémentaire.

Yves Leterme avait indiqué vouloir « demander au conseiller à la sécurité Jones quelles sont les conséquences possibles de la politique américaine pour l’arsenal nucléaire disponible en Europe ». Il devait donc être question dans l’entretien des armes nucléaires tactiques américaines qui seraient stockées sur la base aérienne militaire belge de Kleine Brogel depuis le début des années 1960.

A l’issu de l’entretien, Yves Leterme déclarait cependant que James Jones était resté « évasif » quant à l’avenir des armes tactiques américaines en Europe.

« Selon Jones, cette question doit être discutée en rapport avec l’Otan et doit de toute façon faire l’objet d’une contre-prestation de la Russie ». La question pourrait maintenant être abordée lors de la réunion des ministres des Affaires Etrangères des pays de l’Otan, à Tallinn les 22 et 23 avril prochains.

Obama rencontre Herman Van Rompuy

Avant le début officiel du sommet à Washington, Barack Obama a rencontré dimanche plusieurs dirigeants étrangers. Parmi eux, l’ancien Premier ministre belge Herman Van Rompuy, devenu le premier président du Conseil de l’Union européenne.

Herman Van Rompuy a loué l’initiative du président américain, estimant qu’elle pourrait accroître la sécurité au niveau mondial et renforcer l’effort de non-prolifération nucléaire. Le Belge estime cependant que l’initiative américaine ne pourra porter ses fruits que si tous les pays membres des Nations Unies y collaborent.