Leterme a présenté sa démission au roi

Albert II a reçu en audience ce jeudi, en début d‘après-midi au château de Laeken, le Premier ministre Yves Leterme. Ce dernier lui a présenté la démission de son gouvernement, après que les libéraux flamands de l’Open VLD aient retiré ce matin leur confiance au gouvernement. Le souverain tient actuellement sa décision en suspens et a entamé des consultations, en recevant notamment les présidents de la Chambre, Patrick Dewael, et du Sénat, Armand De Decker. Au Parlement, les séances plénières prévues ce jeudi ont été annulées.

Le roi Albert II (photo) et le Premier ministre Yves Leterme (CD&V) ont souligné combien, dans les circonstances actuelles, une crise politique serait inopportune et porterait gravement préjudice au bien-être économique et social des citoyens, d’une part, et au rôle de la Belgique sur le plan européen, d’autre part.

La Belgique doit notamment assumer, au second semestre 2010, la présidence tournante de l'Union européenne.

La conférence des présidents s’est réunie vers 14h00 à la Chambre. Les chefs de groupe devaient notamment décider si la séance plénière prévue pour ce jeudi après-midi devait effectivement avoir lieu, et dans quelles conditions. Pendant cette réunion, le président de la Chambre Patrick Dewael (photo) a reçu un appel du palais lui indiquant qu’il était attendu par le roi Albert II pour une consultation à 15h15.

Le souverain a immédiatement poursuivi ses consultations en recevant également le président du Sénat, Armand De Decker, et l'ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene qui avait reçu la mission royale d'élaborer une proposition de compromis pour le dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Séances plénières annulées

Après son audience avec le roi, le président de la Chambre Patrick Dewael est revenu au palais de la Nation, où s'est poursuivie la conférence des présidents de la Chambre. Cette dernière a décidé d'annuler la séance plénière prévue ce jeudi, en raison des consultations entamées par le souverain. 

Les présidents de fractions décideront lundi de l'agenda pour la prochaine séance plénière à la Chambre, prévue pour jeudi.

Ce jeudi, le bureau du Sénat annulait également la séance plénière prévue au  Sénat. Le roi Albert II devait encore recevoir en audience, ce jeudi soir, le président des libéraux francophones (MR) Didier Reynders, ainsi que le président des libéraux flamands (Open VLD) Alexander De Croo.

Scission de l’arrondissement électoral BHV

L’entité de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) réunit au sein d’une même circonscription électorale les 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale (bilingue) et les 35 communes des 6 cantons de Hal-Vilvorde, qui se trouvent en Région flamande en périphérie bruxelloise.

Dans 6 de ces 35 communes, où les habitants francophones sont majoritaires, ces derniers jouissent de facilités linguistiques. Il s’agit des communes de Wemmel, Kraainem, Wezembeek-Oppem, Linkebeek, Drogenbos et Rhode-Saint-Genèse.

L’arrondissement électoral BHV est unique en son genre parce que les habitants peuvent y voter pour des candidats d’une autre Région. Ils peuvent ainsi élire des candidats francophones bruxellois lors des élections législatives et européennes.

La Cour d’arbitrage a cependant stipulé en 2003 que le maintien de cette circonscription électorale est incompatible avec le découpage électoral en provinces pour les législatives.

Les partis flamands réclament donc de longue date que la circonscription soit scindée en deux, la Région de Bruxelles-Capitale devenant une circonscription à part entière et les cantons de Hal-Vilvorde étant rattachés à l’arrondissement de Louvain. Ils y voient aussi une façon de renforcer le caractère flamand de la périphérie.

De leur côté, les partis francophones réclament que la scission soit liée à un rattachement à Bruxelles des communes où une majorité des habitants sont francophones. Le dossier divise donc depuis plusieurs années déjà les partis flamands et francophones.