"Cette génération politique est en faillite"

Comme on pouvait s’y attendre, la crise politique est à la une de tous les journaux. Les quotidiens flamands critiquent l’actuelle classe politique. La plupart comprend toutefois la position de l’Open VLD.

Cette génération politique est en faillite, écrit De Morgen. Le salut du lendemain est plus important qu’une solution pour les années à venir. Un mot n’est plus un mot, un accord n’est plus un accord. Aux yeux du quotidien, la provocation, la manipulation et le chantage sont devenus la norme. Pour son éditorialiste, Yves Desmet, déclarer sans honte qu’après 3 ans on n’a pas eu le temps de bien négocier est un signe de cynisme de l’actuelle génération politique.

Il semble à premier abord que nous avons vécu hier une journée exceptionnelle, souligne Het Nieuwsblad. Hélas, en réalité, il s’agissait d’un jour comme d’autres trop nombreux jours au 16 rue de la loi. Les politiques ont passé leur temps à se rejeter la faute. Ils ont joué des petits jeux électoraux pour ensuite tenter de déguiser l’histoire en une affaire d’intérêt général. Liesbeth Van Impe se demande ainsi qui parmi les citoyens croit encore en ces partis qui n’ont pas gouverné le pays durant ces 3 dernières années.

Accuser Alexander De Croo de tous les maux est injuste aux yeux de la Gazet van Antwerpen. Le pays connaît d’autres submersibles dangereux. Paul Geudens demande ainsi aux lecteurs si la présidente du CD&V, Marianne Thyssen, n’a pensé qu’à l’intérêt général. Comprenez-vous que des personnalités politiques autoproclamées responsables, tels que Elio Di Rupo et Joëlle Milquet, se laissent ainsi harceler par un guérillero politique tel que Olivier Maingain, demande encore l’éditorialiste. Pour lui, tous n’avaient qu’un objectif en vue : sortir politiquement indemne de cette aventure.

De Standaard tire une autre conclusion . Maintenant que l’Open VLD, dégouté, a également tourné le dos aux négociations, on ne peut qu’en conclure que seul le CD&V est encore prêt à continuer de gouverner avec les francophones. Pour Peter Vandermeersch, ceux qui, dans le sud du pays, déclarent s’attacher à la Belgique, doivent prendre conscience que – crise après crise – ils trouveront de moins en moins de partenaires de dialogue côté flamand.

Pour Het Belang van Limburg, trois possibilités existent : un gouvernement avec le SP.A et Groen !, ce qui semble peu probable, étant donné le refus des socialistes. Un gouvernement avec du côté flamand uniquement le CD&V, ce qui en Flandre paraîtrait toutefois comme une trahison. Ou enfin, un nouveau départ pour le gouvernement, ce qui impliquerait toutefois une solution au dossier BHV, chose une nouvelle fois peu probable. Que reste-t-il donc, se questionne Eric Donckier. Ah oui, des élections anticipées.

De Tijd remarque que la chute du gouvernement Leterme a eu peu d’effet sur les marchés financiers. Mais si l’ombre d’une division du pays refait surface, la confiance risque de rapidement disparaître. Apparemment, le roi Albert a réussi à convaincre le président de la Chambre, Patrick Dewael, de ne pas tourner la crise gouvernementale en crise de régime. Dewael a finalement bloqué son propre parlement afin que la proposition de scission ne soit pas unilatéralement votée. Mais pour Wim de Velden, le roi et le président de la Chambre n’ont fait qu’acheter un peu de temps.