"Aucune manœuvre d’étouffement"

Le cardinal Godfried Danneels a démenti samedi toute manoeuvre d'étouffement des actes commis par l'évêque démissionnaire de Bruges, Mgr Roger Vangheluwe, qui a reconnu vendredi avoir abusé sexuellement d'un jeune.

"Je n'ai jamais entrepris quoi que ce soit pour étouffer l'affaire ou la couvrir du manteau du secret", a affirmé l'ancien primat de Belgique lors d'un point de presse organisé à la hâte à Bruxelles.

Mgr Danneels a maintenu qu'il n'était pas au courant de ces faits avant début avril de cette année, avant d'en avoir été informé par l'évêque de Bruges lui-même. A ce moment, il a rencontré Mgr Vangheluwe, sa victime et la famille de ce dernier pour une conversation en toute confidentialité.

"J'ai pensé qu'à ce stade confidentiel, je n'avais pas le droit de communiquer quelque chose de cet abus à des tiers, que ce soient les évêques, les instances judiciaires, ou la commission", a précisé l'ancien archevêque.

"Le but de cette rencontre était d'écouter et éventuellement d'arriver à une conclusion qui recueille l'assentiment de tous". Comme aucune décision n'avait été trouvée, une seconde rencontre devait avoir lieu quelques jours plus tard. "J'ai alors attendu un signe de la famille. Il n'y en eut pas. Entre-temps, la victime a pris contact avec la commission et Mgr Vangheluwe a présenté sa démission", a commenté le cardinal.

"Pas au courant dans les années '90"

Mgr Danneels a par ailleurs réaffirmé qu'il n'était pas au courant dans les années '90 des abus commis par Mgr Vangheluwe.

"Je ne puis me rappeler d'une conversation remontant aux années nonante où des cas d'abus commis par Mgr Vangheluwe furent évoqués. Cela m'étonnerait beaucoup que je n'aie pas porté attention à ce genre de conversation ou que je l'aie oubliée", a-t-il affirmé à propos des déclarations de l'ex-prêtre Rik Devillé, qui assure en avoir parlé au cardinal et n'avoir pas eu de réponse. "Je n'ai retrouvé aucun document écrit à ce sujet", a ajouté l'ancien primat.

Revenant une nouvelle fois sur son rôle réel de ces dernières semaines, le cardinal a déclaré: "J'ai simplement voulu rendre service à l'évêque et sa famille. Peut-être que j'aurais dû refuser et immédiatement renvoyer vers la commission. Cependant, je pense, maintenant encore, que rendre service à des personnes qui sont en détresse et vous demandent de l'aide, ne peut être considéré comme une faute ou une tentative de cacher la vérité."