Crise politique: désaccord des partis flamands

Lors de l’émission dominicale de la VRT, la présidente du CD&V Marianne Thyssen a reproché à l’Open VLD d’avoir fixé un nouvel ultimatum en vue d’une solution au dossier BHV. Mais aux yeux du président des libéraux flamands, Alexander De Croo, "si nous étions si proches d’un accord, 3 jours et demi sont alors suffisants".

"Je me demande ce que veut l’Open VLD, une solution ou un crash ?", s’est demandé Marianne Thyssen (photo) lors de l’émission De zevende dag.

"Mercredi, ils étaient encore dans l’agenda, jeudi ils font exploser la situation, jeudi soir ils veulent à nouveau collaborer, et maintenant ils rallument la mèche. S’ils ne veulent pas de solution, qu’ils le disent".

"Il est vrai que les négociations doivent se dérouler rapidement et dans le cadre des propositions de Dehaene, mais est-il si important qu’un nouvel ultimatum soit établi ?", se demande encore la présidente du CD&V.

"Si les discussions se déroulent bien, et qu’on voit qu’une solution est possible, vous n’allez tout de même pas faire sauter les négociations juste parce que quelqu’un a imposé un deadline".

Marianne Thyssen craint dans ce cadre que les libéraux flamands n’évaluent pas bien les conséquences de leurs démarches.

"Si nous étions si proches, 3 jours et demi sont suffisants"

"Si nous étions si proches d’un accord, 3 jours et demi sont dès lors suffisants", a rétorqué le président de l’Open VLD, Alexander De Croo, également invité à l’émission De zevende dag.

Il a par ailleurs réitéré son exigence de trouver une solution au dossier BHV d’ici à jeudi.

Alexander De Croo estime toutefois ne pas être responsable du deadline. "C’était l’un des fondements de l’accord gouvernemental, et il provient donc du Parlement et non de moi. Nous sommes un parti raisonnable, mais nous devons limiter le dossier dans le temps. C’est comme un examen. Si aucune date n’est fixée, tu ne commences pas à étudier", a-t-il expliqué.

De Croo dément par ailleurs hypothéquer les chances d’aboutir à un accord en fixant un ultimatum. "La semaine passée, tout le monde a dit qu’on était si proche d’une solution. Si tel est le cas, alors 3 jours et demi sont largement suffisants pour aboutir à un accord".

La N-VA menace de quitter le gouvernement flamand

Egalement présent sur le plateau de De zevende dag, le président de la N-VA, Bart De Wever, a menacé de quitter le gouvernement flamand "si le CD&V faisait trop de concessions" pour trouver une solution à BHV.

"Le CD&V est prêt à tout pour sauver Leterme", a indiqué Bart De Wever. "Mais s’ils le font cela aura des conséquences pour le gouvernement flamand".

"Je n’oublierai jamais la promesse que j’ai faite aux électeurs. Je constate que même la levée de la tutelle flamande sur les bourgmestres des communes à facilités est sur la table des négociations. Et les francophones en veulent encore plus", a-t-il ajouté.

Le président de la N-VA prévient donc: "si on entre dans cette vallée de la honte, alors nous arrêtons tout. Veut-on réellement détruire le gouvernement flamand pour sauver un gouvernement fédéral désespéré ?".