Mini sommet sur la gouvernance économique

Les dirigeants de l'UE ont entamé jeudi à Bruxelles un sommet consacré à durcir leur discipline budgétaire et mieux coordonner leurs politiques économiques, sous la pression de la crise en zone euro et des inquiétudes que suscite à présent l'Espagne.

Les 27 entendent envoyer un signal fort sur leur détermination à améliorer la "gouvernance économique" européenne, c'est-à-dire de la coordination des politiques nationales.

Ils comptent aussi prendre des engagements pour durcir le Pacte de stabilité, qui encadre les politiques budgétaires de l'UE.

Les dirigeants sont sous pression pour rassurer sur la situation européenne, qui reste fragile.

Après la Grèce, c'est à présent l'Espagne qui suscite des préoccupations. La presse allemande et espagnole a fait état d'un plan en préparation pour apporter une aide financière à Madrid.

Cinq pilliers

Officiellement, le dossier qui occupera principalement les Vingt-sept concerne la stratégie européenne de croissance "EU2020", qui doit renforcer la compétitivité de l'Union à partir de cinq piliers: l'emploi, la recherche et le développement, la politique d'énergie et du climat, l'éducation et la lutte contre la pauvreté.

Mais les turbulences économiques et financières des derniers mois ont placé au premier rang des priorités politiques le débat sur la gouvernance économique, à savoir les instruments de meilleure convergence et contrôle des économies nationales afin d'éviter des dérapages tels que celui qu'a connu la Grèce, et qui a fait trembler l'union monétaire.

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, qui préside un groupe de travail sur ce sujet, a l'intention de faire approuver certains accords et conclusions partiels.

De grandes avancées vers un gouvernement économique de l'Union ou un tableau de bord des économies nationales ne sont toutefois pas attendues.

Le Premier ministre britannique David Cameron et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont ainsi déjà critiqué implicitement jeudi la proposition française de créer un gouvernement économique de la seule zone euro, estimant que l'Europe n'avait nullement besoin de "nouvelles institutions".

Taxer le secteur financier

Les Européens tentent aussi de s'entendre pour taxer les banques en vue du prochain sommet du G20, les 26 et 27 juin prochains à Toronto.

Certains n'excluant pas d'aller seuls de l'avant faute d'accord mondial et d'y ajouter une autre taxe, visant cette fois les transactions sur les marchés financiers.

"L'Allemagne et la France sont tout à fait favorables à ce que ceux qui ont provoqué la crise soient davantage priés de passer à la caisse", a indiqué la chancelière allemande Angela Merkel en arrivant jeudi à une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à Bruxelles, consacrée entre autres à ce sujet.

Berlin et Paris militent pour que l'Europe défende la mise en place au niveau mondial d'une taxation sur les banques au sein du G20, le forum des principaux pays riches et émergents du globe dont la prochaine réunion est prévue les 26 et 27 juin à Toronto.

Appel du 18 juin

Ce sommet de Bruxelles se termine ce jeudi après midi pour permettre au président français Nicolas Sarkozy de participer demain vendredi à Londres aux commémorations du 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin, lancé depuis Londres par le général de Gaulle.