“Une réforme d’Etat sans le MR est impossible”

Les libéraux francophones du MR semblent de plus en plus vouloir prendre part aux négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral et d’une réforme de l’Etat. Dans une interview exclusive accordée au quotidien bruxellois Le Soir, le président du Sénat Armand De Decker affirme que son parti sera essentiel pour mener à bien cette réforme de l’Etat. Et de préciser que le Front Démocratique des Francophones (FDF) ne sera pas un obstacle.

Comme le prescrit le protocole, le président du Sénat Armand De Decker (MR) était ce lundi matin le premier interlocuteur francophone de l’informateur Bart De Wever (N-VA), qui entamait une série de consultations en vue de la formation d’une nouvelle coalition fédérale. Dans une interview exclusive publiée ce lundi dans les pages du quotidien Le Soir, De Decker déclarait vouloir rencontrer De Wever « sans a priori ni illusion ».

Ces derniers jours, les libéraux francophones se sont montrés plutôt constructifs face à la formation d’une nouvelle coalition et une nouvelle réforme de l’Etat.

Ainsi, dans le débat de l’émission « Mise au point » de la télévision publique francophone RTBF, le président du MR Didier Reynders (photo) n’a pas réitéré ce dimanche les exigences francophones face au dossier de la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV).

Dans les pages du Soir, Armand De Decker estime même qu’une réforme de l’Etat est impossible sans le MR. Pour deux raisons : « le CDH et Ecolo ensemble pèsent moins que le MR » et « il est de tradition que les libéraux participent aux grandes réformes de l’Etat. Nous sommes le plus vieux parti du pays ».

Au MR, 18 députés dont 3 FDF

L’aile FDF du Mouvement réformateur suivra-t-elle cette ouverture du MR ? Armand De Decker semble penser que les alliés du MR ne feront pas obstacle.

« Au MR, nous sommes 18 députés : 15 libéraux qui voteront comme un seul homme ce que l’on aura négocié et 3 FDF. Ce que ces trois autres feront, ils en prendront la responsabilité ».

Quand on lui demande s’il prédit des tensions au sein du MR entre libéraux et FDF, De Decker répond : « Quand on est au pied du mur, lors d’un accord institutionnel possible, nous, libéraux traditionnels, n’avons généralement pas la même approche que le FDF. Au pied du mur, le FDF ne pourra pas, ne voudra peut-être pas sauter. Les autres le sauteront, quoi qu’il arrive ».

Et Armand De Decker de conclure qu’on surestime « terriblement » le poids du FDF dans les éventuelles négociations.