Nombre de Juifs quitteraient Anvers

Au cours de ces dernières années, la communauté juive a progressivement rétréci dans la métropole anversoise, après y avoir lentement perdu sa position dominante dans le secteur du diamant. De nombreux Juifs préfèrent partir pour l’étranger. Ceux qui restent à Anvers courent davantage de risques de sombrer dans la pauvreté.

Si l’on en croit le quotidien flamand De Standaard, de nombreux Juifs résidant à Anvers ont quitté ou envisageraient de quitter la métropole. En cause, selon le journal, un sentiment d’insécurité au sein de la communauté juive et des problèmes avec des immigrés d’origine musulmane, mais aussi un manque croissant d’opportunités professionnelles.

La communauté juive a en effet progressivement perdu sa suprématie traditionnelle dans le secteur anversois du diamant, au profit notamment des diamantaires indiens. Et le travail difficile, comme la taille et polissage des pierres précieuses se fait maintenant davantage dans des pays aux coûts salariaux moins élevés.

Nombre de jeunes Juifs modernes se rendent donc à l’étranger pour y étudier - et notamment aux Etats-Unis et en Israël - et ne reviennent ensuite souvent plus en Belgique.

Ceux qui restent à Anvers risquent par contre de sombrer, tôt ou tard, dans la pauvreté. Cette situation concerne avant tout les Juifs hassidim très croyants. Nombre d’entre eux ne s’intègrent en effet pas ou peu dans la société belge et n’ont pas beaucoup d’avenir en dehors du secteur du diamant.

Lente intégration cependant

Quelque 20.000 Juifs résident actuellement à Anvers. Un grand nombre d’entre eux appartiennent à la communauté hassidim (photo). Les hommes sont reconnaissables notamment par leurs vêtements noirs, de hauts chapeaux et des anglaises, tandis que les femmes se couvrent la tête de chapeaux, foulards ou perruques.

Dans l’émission matinale « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT, le Juif Aaron Malinski - correspondant à Anvers du journal israélien Ha’aretz - tenait néanmoins à nuancer l’image du hassid sombrant dans la pauvreté.

Il reconnait l’existence d’un problème, tout en soulignant que la communauté hassidim commence progressivement à s’intégrer davantage dans la société.

La plupart des membres de cette communauté parlent maintenant bien le néerlandais et pratiquement aucun d’entre eux n’est impliqué dans la criminalité de la métropole, malgré leur relative pauvreté.