Michel qualifie Léopold II de "héros visionnaire"

Le député européen Louis Michel (MR) a pris la défense de Léopold II et de la politique que celui-ci a mené au Congo dans un entretien accordé à l'hebdomadaire "P Magazine". Il voit dans le monarque un "héros avec de l'ambition pour un petit pays comme la Belgique".

Dans un débat entre deux historiens publié par P-magazine, l'ancien ministre des Affaires étrangères s'en prend aux critiques sur l'action menée par Léopold II au Congo, le régime inhumain qu'il y faisait régner et la façon dont la Belgique s'est enrichie en exploitant sa colonie.

"C'est de la démagogie pure. Léopold II ne mérite pas de tels reproches. Les Belges ont construit le chemin de fer, des écoles et des hôpitaux et mis en marche la croissance économique. Un camp de travail? Certainement pas. En ces temps-là, c'était simplement la façon de faire", a-t-il déclaré.

Louis Michel reconnaît qu'au cours de la période de l'Etat indépendant du Congo, quand le pays était propriété du roi et n'avait pas encore été cédé à la Belgique, il était peut-être question de domination et de quête du pouvoir. "Mais à un moment -et ça, on ne peut dire le contraire- la civilisation est arrivée", a-t-il ajouté.

"On se laisse facilement aller à l'exagération quand il s'agit du Congo", dit-il encore, tout en concédant que "certaines choses se sont sans doute passées dans l'Etat indépendant du Congo". Mais condamner Léopold II à titre posthume est une chose trop facile et dangereuse. Quant à l'utilisation du terme de génocide, il la juge "absolument inacceptable et inadéquate".

Notons que le libéral francophone admet qu’à l’époque, des "irrégularités" ont existé, mais refuse de juger le régime de terreur de Léopold II. "Nous nous laissons facilement tentés par l’exagération, surtout quand il s’agit du Congo", conclut-il.

Un sombre passé

Le roi Albert II se rendra la semaine prochaine en République démocratique du Congo pour y célébrer les 50 ans d’indépendance de l’ancienne colonie belge.

Le rôle du roi Léopold II dans le passé colonial de la Belgique au Congo reste un sujet à controverse. Le souverain de l’époque avait commencé par diriger le Congo en tant que propriété privée. Il l’avait ensuite "offert" à l’Etat belge.

Les atrocités perpétrées à l’époque coloniale n’ont refait surface que récemment, à la suite de nombreuses recherches historiques. Selon certaines estimations, plus d’1 million de Congolais ont perdu la vie suite à une gestion impitoyable. L’esclavage y était alors monnaie courante. La Famille royale belge se serait par ailleurs honteusement enrichie en exploitant la colonie sans scrupule.