La Commission Adriaenssens démissionne

Au terme de leur réunion de ce lundi matin, les membres de la Commission pour le traitement d’abus sexuels commis dans le cadre d’une relation pastorale ont annoncé qu’ils donneraient leur démission collective jeudi aux évêques, soit exactement une semaine après que le parquet ait emporté les 475 dossiers qu’elle avait ouvert. Plusieurs quotidiens flamands annonçaient déjà ce lundi matin la démission du président de cette Commission, le pédopsychiatre Peter Adriaenssens (photo principale).

La ligne téléphonique de la Commission pour le traitement d’abus sexuels commis dans le cadre d’une relation pastorale - qui permettait à des particuliers de signaler dans la plus grande discrétion des cas d’abus commis par des prêtres, mais qui sont prescrits - avait aussi déjà été fermée à la suite de la perquisition menée jeudi dernier par le parquet au siège de la Commission.

Ce lundi matin, les membres de la Commission se réunissaient pour décider de leur avenir. Ils devaient notamment évaluer s’ils pouvaient poursuivre leurs activités alors que l’ensemble de leurs dossiers ont été emportés par le parquet, ainsi que le matériel (notamment informatique) qui leur permettait de fonctionner.

Peu avant midi, les membres de la Commission annonçaient qu’ils donneront collectivement leur démission ce jeudi aux évêques de Belgique.

Ce lundi, les quotidiens De Standaard, Het Nieuwsblad et Het Laatste Nieuws annonçaient déjà que le président de la Commission, le pédopsychiatre Peter Adriaenssens, donnait sa démission en raison de la saisie effectuée par la justice. « Nous avons servi d’appât », dénonçait le psychiatre qui se dit extrêmement déçu.

Peter Adriaenssens estime que la saisie témoigne de la méfiance dont font preuve les autorités judiciaires. « Ils ne pouvaient opérer de la sorte qu’avec le sentiment que nous aussi fraudions ou tentions d’étouffer des affaires. Cela alors que je m’étais fait un point d’honneur à travailler en toute transparence », regrette le psychiatre réputé.

Le Pape a demandé des explications

Au Vatican à Rome, le Saint-Siège a convoqué l’ambassadeur de la Belgique pour lui demander des explications au sujet des perquisitions menées jeudi dernier par le parquet de Bruxelles, notamment à l’archevêché de Malines-Bruxelles mais aussi au bureau de la Commission pour le traitement d’abus sexuels commis dans le cadre d’une relation pastorale.

« Le Pape a voulu savoir ce qui se passait ici en Belgique », a expliqué le ministre des Affaires Etrangères démissionnaire, Steven Vanackere (CD&V). « Au Vatican, notre ambassadeur a clairement expliqué qu’il existe en Belgique une scission nette entre les pouvoirs et une séparation entre l’Eglise et l’Etat ».

Et Steven Vanackere de préciser que « si des choses disproportionnées s’étaient passées lors des perquisitions, ce serait un problème pour la Belgique et pas pour le Vatican ».