Adriaenssens entendu par les enquêteurs

Le pédopsychiatre, qui a donné sa démission comme président de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans le cadre d’une relation pastorale à la suite de la perquisition effectuée jeudi dernier au bureau de cette Commission, a été entendu lundi pendant plus de 5 heures comme témoin par les enquêteurs de la police judiciaire fédérale de Bruxelles.

Selon Peter Adriaenssens, qui est sorti éprouvé de son audition avec les enquêteurs de la police judiciaire fédérale, d’autres auditions devraient encore suivre. Le pédopsychiatre était entendu uniquement comme témoin.

L’audition a porté sur le fonctionnement général de la Commission qu’il a présidée pendant deux ans. Les enquêteurs se sont notamment intéressés à la façon dont étaient actées les plaintes de victimes d’abus sexuels par des prêtres. Aucun dossier particulier n’a été évoqué lors du long entretien, précise Peter Adriaenssens.

Le parquet de Bruxelles n’avait pas voulu préciser les raisons de l’audition d’Adriaenssens. Ce lundi matin, les membres de la Commission qu’il présidait avaient décidé de donner leur démission collective en raison de la saisie par la justice (photo) de la totalité des 475 dossiers qui avaient déjà été ouverts et du matériel de travail de la Commission.

Peter Adriaenssens a demandé que la justice mette en place un point de contact auquel puissent s'adresser les victimes d'abus  sexuels dans le cadre d'une relation pastorale qui s'étaient confiées à sa Commission.

Victime, le sociologue Jan Hertogen porte plainte

Entretemps, le sociologue flamand de 63 ans Jan Hertogen, qui adolescent a été victime d’abus sexuels dans le cadre d’une relation pastorale, s’est fait enregistrer au parquet de Bruxelles comme « personne ayant subi un préjudice ».

Hertogen s’était en effet confié à la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans le cadre d’une relation pastorale, notamment parce qu’il savait qu’il pouvait le faire en toute confidentialité et insister pour que la justice ne soit pas informée des faits.

Mais à la suite de la perquisition effectuée sur ordre du parquet de Bruxelles, jeudi dernier, au bureau de la Commission, le sociologue a décidé de rendre publics les faits « avec toutes les conséquences que cela aura. Je veux donner un visage à toutes les victimes, afin que la justice sache de qui il s’agit ».

Jan Hertogen estime que sa vie privée a été violée et s’est fait enregistrer au parquet de Bruxelles comme « personne ayant subi un préjudice » afin d’avoir le droit de savoir ce que le juge d’instruction va faire avec son dossier. « Je veux forcer la justice à tenir compte des victimes ».

Le sociologue a également déposé plainte contre la Commission Adriaenssens. « Elle n’a pas pu respecter la confidentialité qu’elle avait promise, bien que cela ait été totalement contre son gré ». Avec cette plainte, Jan Hertogen veut forcer la Commission à mener elle-même une action contre la justice.