"Encore beaucoup de choses à surmonter"

L'informateur Bart De Wever a poursuivi mercredi ses consultations en recevant les représentants des syndicats chrétien, socialiste et libéral. La CSC et la FGTB ont remis à Bart De Wever un mémorandum commun en neuf points intitulé "Pour la solidarité-contre l'inégalité croissante".

Une politique de relance par l'emploi figure au coeur de leurs revendications et, à leurs yeux, un assainissement des finances publiques doit passer d'abord par de nouvelles recettes perçues auprès de "ceux qui ont été le plus ménagés jusqu'à présent". Ils préconisent à ce titre une fiscalité plus forte sur les fortunes et les plus-values.

En matière de réforme de l'Etat, les deux syndicats accordent la priorité au refinancement de l'Etat fédéral, qui devra supporter l'essentiel du coût du vieillissement de la population. Ils ont aussi rappelé leur attachement au caractère fédéral de la sécurité sociale, du droit du travail et de la concertation sociale.

"Il y a une crise dans ce pays. La sécurité sociale a prouvé son efficacité et elle a permis de freiner la crise sociale. Une sécurité sociale organisée au fédéral, c'est un système efficace et nous ne voulons pas qu'on y touche", a souligné le président de la FGTB, Rudy De Leeuw.

"C'est un système qui marche bien et je ne vois pas beaucoup de possibilités de le changer", a dit pour sa part le président de la CSC, Luc Cortebeeck.

En matière fiscale, les syndicats s'opposent à un dumping fiscal par une autonomie des Régions dans le domaine de l'impôt des sociétés.

La politique de l'emploi est régulièrement citée comme l'une des matières qui pourrait faire l'objet d'une régionalisation plus poussée. "Il y a des possibilités", a concédé Luc Cortebeeck qui s'est toutefois montré très prudent: « les Régions ont déjà reçu beaucoup de compétences dans ce domaine et il n'est pas question pour lui de toucher au caractère fédéral d'une série d'éléments comme l'Onem ou tout ce qui relève de la sécurité sociale ».

La N-VA et la FGTB n'ont jamais été sur la même longueur d'ondes. Lors du 1er mai, Rudy De Leeuw avait mis en garde contre le profit que le séparatistes tireraient de la crise.

Manifestement, leurs points de vue demeurent éloignés. "Les différences sont encore très grandes et la solution n'est pas encore pour demain", a souligné Rudy De Leeuw à l'issue de l'entrevue.

Avant les élections, Luc Cortebeeck avait quant à lui lancé un appel à voter pour des partis responsables. Selon certains médias, il s'en prenait en fait à la N-VA, interprétation que la CSC s'était empressé de rectifier.

"A la CSC, on a toujours jugé un gouvernement sur ses actes", a ajouté mercredi Luc Cortebeeck.

L'informateur Bart De Wever poursuivra ses consultations jeudi en recevant plusieurs présidents de parti.