Le Congo célèbre 50 ans d'indépendance

Le 50ème anniversaire de l’indépendance du Congo a été célébré aujourd’hui avec faste à Kinshasa, avec un défilé militaire auquel assistaient, plusieurs chefs d’Etats et notamment le roi Albert II et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, mais aussi les présidents rwandais Paul Kagame et ougandais Yoweri Museveni, qui avaient pourtant soutenu des rébellions congolaises lors de la dernière guerre civile.

Dans son discours prononcé ce mercredi, le président congolais Joseph Kabila a appelé ses compatriotes à engager "une révolution morale" et à réprimer "l'atteinte à la vie et à la dignité humaine", notamment "le viol".

Le président Kabila a reconnu de "regrettables ratés" au cours de ce demi-siècle, tout en assurant que "lentement le Congo se redresse, tel un géant qui s'éveille après un profond sommeil".

Mardi soir, lors d’un dîner de gala, le président congolais Joseph Kabila a particulièrement salué la venue du roi Albert II à Kinshasa pour les commémorations du cinquantième anniversaire de la République démocratique du Congo, ancienne colonie belge, assurant que son pays était à l'aube de sa renaissance après des décennies de conflits et de gabegie.

Le chef de l'Etat congolais s'est dit, au nom de son peuple "particulièrement sensible à la présence de sa majesté Albert II, le roi des Belges" à Kinshasa, "pour des raisons évidentes", en ouvrant un dîner de gala offert à des centaines d'invités d'une vingtaine de pays étrangers et organisations internationales, dont six présidents africains et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans une immense tente plantée sur le mont Ngaliema, une colline surplombant le fleuve Congo.

La présence du souverain belge aux commémorations du cinquantenaire de la RDC est "une preuve éloquente de la capacités de nos deux peuples à assumer leur histoire et de la solidité à toute épreuve des liens historiques qui nous unissent", a ajouté M. Kabila, qui n'a cité nommément aucune autre des "personnalités éminentes".

Il s'agit de la première visite d'un souverain belge dans l'ex-Zaïre en 25 ans, depuis celle du roi Baudouin en 1985, pour le 25ème anniversaire de l'indépendance.

Paola à droite de Kabila

Lors de ce dîner, la reine Paola était assise à la droite du président congolais, alors que son époux avait pris place un peu plus à sa gauche, à côté de l'une des treize épouses du roi du Swaziland Mswati III, dernier monarque absolu d'Afrique.

L'épouse du président congolais, Olive Lembe di Sita avait pris place à la longue table à la gauche du souverain belge.

Joseph Kabila est brièvement revenu dans sa courte allocution sur les "décennies de turbulences" qu'a traversées son pays depuis son indépendance, tout en assurant que la RDC était à un moment particulier de son histoire, "celui de notre renaissance".

Joseph Kabila a promis que ce 50ème anniversaire était "synonyme d'un nouveau départ", parlant aussi de circonstances historiques.

Il a assuré que les 65 millions de Congolaises et de Congolais étaient "déterminés à se (nous) montrer à la hauteur de leur (notre) destin".

"Célébrations hypocrites"

Amnesty international a jugé mercredi "hypocrite" de la part de la République démocratique du Congo (RDC) de célébrer le cinquantenaire de son indépendance, alors que la situation des droits humains est "révoltante" dans ce pays.

"Il est tout à fait hypocrite de la part de la RDC d'organiser des célébrations sans reconnaître la situation révoltante des droits humains dans ce pays", affirme dans un communiqué l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à Londres.