"Tirer profit du travail de l’informateur"

Investi ce jeudi soir par le roi Albert II d’une mission de préformation, en vue de la formation d’une nouvelle coalition fédérale, le président du PS Elio Di Rupo donnait ce vendredi matin une conférence de presse. Il y a précisé la méthode qu’il entend suivre pour tenter de mener sa mission à bien dans les plus brefs délais, mais sans se fixer de timing au préalable, dans la plus grande discrétion pour se laisser toutes les chances de réussir, et sur base du travail « sérieux et rapide » effectué par l’informateur Bart De Wever.

S’exprimant d’abord en néerlandais et puis en français, Elio Di Rupo a commencé par remercier l’informateur Bart De Wever pour le travail qu’il a effectué pendant près de 3 semaines dans un climat serein et constructif. Un travail « fait de façon sérieuse et rapide, compte tenu de la difficulté de la situation ».

Di Rupo a souligné qu’il lui revenait maintenant d’approfondir et d’analyser les bases jetées par Bart De Wever et les convergences qui s’y sont dégagées, mais aussi d’identifier les autres partenaires politiques qui pourront former un gouvernement avec les deux partis vainqueurs des élections du 13 juin en Flandre et en Wallonie, à savoir la N-VA et le PS.

Dès la semaine prochaine, le préformateur rencontrera donc les différentes formations politiques, le plus souvent en compagnie de Bart De Wever, « compte tenu de l’urgence de la situation, notamment au niveau international ».

« Nous vivons un moment-clef pour notre pays. Il y aura encore des difficultés à surmonter. Mais il appartient maintenant à chaque responsable politique de faire les compromis qui permettent d’arriver à une solution », affirmait Di Rupo. « Je travaillerai en toute discrétion, pour conserver un climat de respect et de confiance. Et je demande aux autres partis et aux médias de respecter cette discrétion ».

Une phase de transition était nécessaire

« Une phase de transition est nécessaire à la lumière de ce que nous avons connu par le passé. La méthode classique utilisée par le passé est de choisir d’abord les partis politiques qui formeront un gouvernement et puis de se mettre d’accord sur un programme. Compte tenu des énormes différences de programme entre les partis, nous avons opté pour la recherche de convergences d’abord et donc pour le passage par une phase de préformation ».

« Ce qui est essentiel, c’est de tirer profit de tout le travail réalisé par l’informateur et de mener la phase de préformation sur base de son travail. Il faut construire sur cette base, et non pas tout recommencer à zéro. Laissez-moi la liberté de ne pas vous donner des détails, si nous voulons avoir une chance d’aboutir ».

Un nouveau gouvernement pourra-t-il être formé d’ici octobre ?, questionnaient les journalistes. « Vous me connaissez ! Je ne me fixe pas de timing. Mais je souhaite que les choses aillent aussi vite que possible, étant donné le contexte international ».Et Di Rupo de préciser qu’un nombre important de mesures ont déjà été mises sur la table, qui doivent permettre un assainissement budgétaire. Elles vont devoir être approfondies. « Nous avons la volonté de respecter nos engagements vis-à-vis de l’Union européenne ».

Elio Di Rupo répondait également aux journalistes qu’à son avis un compromis est possible, aussi avec la N-VA et même au sujet d’une réforme de l’Etat et du problème de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Et de conclure : « Tous les partis politiques qui vont former le prochain gouvernement sont importants. Il ne s’agira pas d’un bi-pole formé par le PS et la N-VA. Le compromis final sera le compromis formé avec l’ensemble des partis politiques néerlandophones et francophones qui entreront dans la coalition ».