WikiLeaks évoque aussi des missions belges

Les documents confidentiels publiés par le site WikiLeaks.org ont fait couler beaucoup d’encre depuis le début de la semaine. La Belgique est également touchée par le phénomène. Selon certains documents, il ressort en effet que les soldats belges présents en Afghanistan sont également actifs dans le sud du pays, connu pour être une zone dangereuse. La Défense belge avait jusqu’à présent toujours publiquement nié les faits.

Le site internet d'information WikiLeaks, spécialisé dans le renseignement, a diffusé dimanche quelque 75.000 archives secrètes jetant une lumière crue sur la guerre en Afghanistan, avec des révélations sur les victimes civiles et, notamment, les liens supposés entre le Pakistan et les insurgés.

Certains de ces documents évoquent également les activités menées par les soldats belges présents sur place. Ainsi, en novembre 2007, des démineurs belges auraient été envoyés en zone à risque, dans la province de l’Uruzgan.

En Belgique, les autorités avaient démenti les informations selon lesquelles les soldats belges effectuaient des missions en zone dangereuse. Pour la première fois, il a été admis que les militaires belges ont été actifs dans le sud de l’Afghanistan.

"Il est vrai que les Belges ont été actifs dans l’Uruzgan", a ainsi avoué la porte-parole de la Défense, Ingrid Baeck (photo). "Quatre démineurs ont été envoyés par avion pour contrôler une éventuelle présence d’explosifs à l’occasion de la visite d’un VIP. On avait alors fait appel à l’expertise des militaires belges. Je voudrais souligner que cela s’est passé sous la précédente législature et que cette opération avait été débattue".

Un autre incident évoqué a eu lieu après la désignation du ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V) en juin 2009. Une attaque contre des soldats belges semble avoir été plus grave qu’annoncée à l’époque. Il ne s’agissait pas d’une seule attaque d’une heure, mais bien de six attaques, lors desquels un Belge aurait été blessé, contrairement à ce qui avait été indiqué dans les communiqués. Les Belges auraient par ailleurs été obligés de battre en retraite pour cause de manque de munitions. "C’est un incident qui a fait beaucoup de bruit", selon Ingrid Baeck.

"Le ministre Pieter De Crem a communiqué à ce sujet. Il a également présenté un texte et des explications lors de la commission d’observation des missions à l’étranger, ainsi qu’en séance plénière. Il est toutefois vrai que pas toutes les informations avaient directement été rendues publiques, car d’un côté, juste après un tel incident, nous ne connaissons pas encore toutes les données, et d’un autre côté, certaines sont absolument confidentielles dans le cadre de la sécurité opérationnelle", a ajouté la porte-parole.

Selon Ingrid Baeck, la Défense a tiré des leçons de cet incident. "Nous avons depuis changé le fusil d’épaule, et mené une autre politique de communication". La porte-parole critique toutefois la diffusion d’information sur internet. "C’est incompréhensible, car c’est en quelque sorte jouer avec la sécurité de nos hommes sur place", conclut-elle.

"La transparence a toujours été de mise"

Le ministre de la Défense, Pieter De Crem, a depuis réagi face à l’affaire. Il dément ainsi que les militaires belges en Afghanistan aient dû effectuer des opérations bien plus dangereuses que celles permises par leur mandat.

"Il y a bien eu quelques incidents, et tout le monde le sait", a déclaré Pieter De Crem (photo), soulignant que la transparence est très grande, et que depuis le 1er juillet 2009, un point presse est organisé une fois par semaine.

Selon lui, la Défense ne cache aucune information, même s’il est quelques fois difficile de trouver un équilibre entre donner trop d’information et garantir la sécurité des troupes.

"De Crem a beaucoup caché à la Chambre"

Le député socialiste flamand, Dirk Van der Maelen indique que cet incident prouve ce qu’il a toujours affirmé : "En l’occurrence, le fait que le ministre de la Défense a minimalisé les affaires. A chacun de ses retours d’Afghanistan il évoquait des bonnes nouvelles, mais avec d’autres observateurs nous avons toujours affirmer que les choses allaient de mal en pire".

"Les document qui ont maintenant été dévoilés prouvent que moi et le reste de l’opposition avion raison lorsque nous affirmions que De Crem cachait beaucoup de choses à la Chambre", a-t-il conclu.