Di Rupo : "on dispose d’une fenêtre d’opportunité"

Après avoir fait rapport au roi, mercredi après-midi, le préformateur Elio Di Rupo en a appelé lors de sa conférence de presse à la responsabilité des partis engagés dans la négociation fédérale et affirmé qu’il poursuivrait sa mission avec la volonté de réussir.

C'est le sens de l'Etat qui a poussé Elio Di Rupo à poursuivre sa mission, a-t-il expliqué lors de sa conférence de presse donnée dans les locaux de la Chambre. Il n'a pas pensé à abandonner mais il n'était pas demandeur de poursuivre; le roi lui a demandé et il a accepté parce que c'était son rôle, a-t-il dit.

"Il faut attérir"

Dans une longue déclaration lue en néerlandais puis en français devant une batterie de caméras et journalistes, Elio Di Rupo a souligné à plusieurs reprises que l'on disposait d'une "fenêtre d'opportunité" importante pour avancer vers la phase de formation d'un gouvernement.

Selon lui, on ne s'est jamais trouvé devant autant de matières positives.

Mais il est temps que les interlocuteurs décident; ils se sont suffisamment vus, ils se connaissent.

Ils doivent à présent atterrir, tout en sachant qu'ils n'obtiendront pas 100% de leurs revendications, a-t-il commenté.

Un transfert de 15,8 milliards d'euros

Il a indiqué que ses propositions de convergences contenaient une liste "considérable" de matières qui pourraient être entièrement ou partiellement transférées du fédéral vers les entités.

Elles représentent un montant financier de 15,8 milliards d'euros.

Si ces propositions étaient acceptées, elles porteraient à 49% la part des revenus fédéraux qui seraient désormais transférés vers les Communautés et Régions.

Une réforme de l’Etat ne peut appauvrir personne

Aux yeux d’Elio Di Rupo, la réforme de l'Etat ne peut mener à l'appauvrissement de personne, ni Flamands, ni Wallons, ni Bruxellois, ni Germanophones, aujourd'hui ou demain.

Garantir le financement des entitées et de l’Etat

Pour le préformateur Elio Di Rupo, les réformes qui seront sur la table devront aussi assurer l'équilibre financier des entités, afin d'aider à freiner et arrêter la boule de neige de la dette fédérale, empêcher la spéculation financière et garantir le modèle social belge. Pour ce faire, un effort "titanesque" de 25 milliards d'euros devra être réalisé d'ici 2015, a-t-il averti.

Précisant que depuis 40 jours, il avait essayé de concilier l'inconciliable, il a indiqué avoir formulé des propositions de convergences concernant la réforme institutionnelle, BHV et Bruxelles-capitale. Il ne s'est toutefois pas avancé plus avant sur les deux derniers sujets.

Il a jugé "incontournable" une réforme de la loi de financement, afin d'intégrer une 6ème réforme des institutions et corriger les anomalies constatées par tous.(avec Belga)