“Une enquête sur les viols au Congo”

Les ministres belges des Affaires Etrangères, Steven Vanackere (CD&V, photo), et de la Coopération au développement, Charles Michel (MR), ont indiqué avoir pris connaissance « avec indignation » des rapports relatant les attaques contre la population dans l’est du Congo, plus précisément dans la région de Walikale au Nord-Kivu. Quelque 150 femmes y auraient été victimes de viol collectif par des rebelles. Les ministres réclament une enquête.

Le 30 juillet dernier, des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), qui comptent dans leurs rangs des anciens responsables du génocide de 1994, et des miliciens locaux Maï-Maï ont, selon des associations humanitaires et les Nations Unies, attaqué la ville de Luvungi, dans la province du Nord-Kivu. Ils ont gardé le contrôle de la localité jusqu'au 3 août.

Le Corps médical international a rapporté que les FDLR ont violé systématiquement la population pendant quatre jours. Au total, 179 cas de violences sexuelles sur des femmes et des enfants ont été signalés.

Le ministre des Affaires Etrangères Steven Vanackere affirme avoir pris connaissance « avec indignation » des rapports sur ces violences à l’encontre de la population. Il condamne « cet acte barbare sciemment dirigé contre les civils et qui a été de pair avec le viol collectif d’un grand nombre de femmes ».

Quant au ministre de la Coopération au développement, Charles Michel (photo), il se déclare « atterré et scandalisé » par les violences commises contre des femmes et des enfants.

Les deux ministres belges réclament une enquête de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de la RDC (Monusco) sur ces événements tragiques. Steven Vanackere a aussi demandé à la Monusco d’investiguer sur l’inaction des casques bleus - basés à une trentaine de kilomètres à peine des faits - face aux atrocités qui se sont prolongées pendant quatre jours.

La lutte contre les violences sexuelles dans l’est du Congo reste une priorité pour la Belgique. Par divers canaux, elle est impliquée sur le terrain dans des actions visant à lutter contre ce genre de violences. La Belgique reste également convaincue de la valeur ajoutée que représente la présence des casques bleus dans l'est du Congo, et plaide pour un rôle actif de la Monusco en vue de protéger la population civile.