Pénurie de généralistes dans 206 communes

Le manque de généralistes continue à augmenter en Belgique. Selon les chiffres de l’Institut national d’assurance maladie et invalidité (Inami), cités ce jeudi par le quotidien Le Soir, 206 des 589 communes belges éprouvaient l’an dernier une carence en médecins de famille. Pour posséder des soins de santé de qualité, une commune doit disposer d’au moins 9 généralistes pour 10.000 habitants.

Selon les directives fixées par les autorités, une commune doit posséder au moins 9 généralistes pour 10.000 habitants pour pouvoir offrir des soins de santé de qualité. En 2008, quelque 125 communes belges éprouvaient ainsi une pénurie de généralistes. L’an dernier, elles étaient déjà 206 sur 589 à manquer de médecins de famille.

Ceci représente une augmentation de 60% de la carence pour l’ensemble du pays. Ce sont notamment des villes de taille moyenne, comme Ostende, et de nombreuses communes en Campines anversoises et dans le Limbourg qui ne possèdent pas suffisamment de généralistes.

Alors que la carence est plus prononcée en Wallonie qu’en Flandre, ce sont les généralistes en Flandre qui semblent faire davantage usage des incitants financiers fédéraux que leurs confrères wallons. Ainsi, un médecin qui s’installe dans une entité en situation de carence reçoit une prime de 20.000 euros et peut obtenir un prêt sans intérêt à hauteur de 30.000 euros.

Selon le quotidien Le Soir, de nombreux médecins wallons hésiteraient à déménager vers une région où les conditions de travail sont réellement difficiles.

"Une vague de départs à la pension"

Selon le professeur Jan De Maeseneer, qui enseigne la médecine générale à l’Université de Gand (Flandre orientale), le manque de généralistes en Belgique s’explique partiellement par un nombre important de départs de médecins qui ont atteint l’âge de la pension.

Mais ce n’est pas l’unique raison. « La position du généraliste n’est pas très claire », affirme De Maeseneer. « Les gens ne doivent toujours pas être inscrits chez un généraliste et peuvent donc se rendre directement chez un spécialiste. D’autre part, de nombreux étudiants en médecine hésitent pour des raisons personnelles et pensent que le métier de généraliste n’est pas facilement conciliable avec une vie de famille. Des efforts ont été faits - comme la création de postes de médecins de garde et des associations professionnelles entre médecins -, mais il semble qu’en Belgique cela ne soit pas suffisant et ait été introduit trop tard ».