Les partis divisés sur le compromis Di Rupo

La Nieuw-Vlaamse Alliantie de Bart De Wever estime que l’ultime proposition mise sur la table par le préformateur Elio Di Rupo (PS) pour le dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde et un financement accru de Bruxelles ne présente pas assez de garanties pour les partis flamands. Les démocrates-chrétiens flamands du CD&V rejettent également cette proposition. Les partis verts Ecolo et Groen !, ainsi que les socialistes flamands et les démocrates-chrétiens francophones trouvent le compromis acceptable. Elio Di Rupo se rend ce dimanche soir chez le roi.

Rassemblé pendant près de 10 heures, jusque dans la nuit de samedi à dimanche, avec les présidents des 7 partis politiques pressentis pour approuver une réforme de l’Etat, le préformateur Elio Di Rupo (PS) a finalement avancé une ultime proposition pour tenter de sortir de l’impasse. Ce compromis répond partiellement à la demande des partis flamands de lier l’octroi de fonds accrus à la Région de Bruxelles-Capitale à une révision de la loi sur le financement.

Une grande partie de l’argent supplémentaire pour Bruxelles serait ainsi octroyé immédiatement - après un accord sur la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Le reste dépendrait de l’avancée ou non en matière de réforme de la loi sur le financement.

Les sept partis ne parvenant toujours pas à s’accorder, la séance avait été levée vers 3h30 du matin, Elio Di Rupo donnant aux partis jusqu’à 18h00 ce dimanche pour réagir à son ultime proposition. Il affirmait attendre un signal de l’un ou l’autre parti qui permette de redonner l’espoir d’un consensus, « sinon il devrait tirer ses conclusions ».

"Compromis honorable" contre "garanties insuffisantes"

La N-VA a finalement fait savoir qu’elle n’était pas prête à signer un chèque en blanc pour Bruxelles alors que, selon le parti de Bart De Wever (photo), les partis flamands n’ont reçu aucune garantie sur une réforme en profondeur de la loi de financement. « La loi de financement est essentielle pour obtenir une responsabilisation dans le cadre de la réforme de l’Etat », affirme le parti nationaliste flamand.

Et la N-VA d’estimer que l’ultime proposition d’Elio Di Rupo n’offre pas suffisamment de garanties de responsabilisation. « Cela nous rend particulièrement méfiants ».

Les démocrates-chrétiens flamands du CD&V rejettent également la proposition du préformateur. « Nous ne pouvons pas donner notre accord avec un prélèvement structurel de 500 millions d’euros pour Bruxelles au moment où il n’y a pas de déclaration à propos d’une réforme concrète de la loi sur le financement d’une part et sur une économie de 25 milliards d’euros d’autre part », affirme-t-on au CD&V. Le parti se dit cependant prêt à poursuivre les négociations.

Autre son de cloches de la part du SP.A, de Groen ! et d’Ecolo. La présidente du parti socialiste flamand SP.A, Caroline Gennez (photo), estime ainsi que suffisamment d’éléments sont sur la table pour arriver à un « compromis honorable ». Elle espère que chacun saisira la chance qui s’offre de mener une grande réforme de l’Etat.

D’après Gennez, la proposition d’Elio Di Rupo comporte trois éléments importants. « Premièrement, il y a une scission de BHV avec un minimum de compensations, ce qui n’a jamais été aussi favorable pour les Flamands. Il y a aussi un transfert de compétences considérables, pour une masse budgétaire de 15 milliards d’euros ».

Wouter Van Besien, président de Groen !, estime que la proposition du préformateur est acceptable. Selon lui, elle tient compte des points les plus importants pour les partis qui participent aux discussions. « Nous voulons prendre nos responsabilités. Il revient aux 6 autres partis de le faire également. Franchissons le Rubicon. Personne en Flandre n’aspire à un pourrissement ».

Le parti francophone Ecolo a quant à lui appelé l’ensemble des partis à prendre leurs responsabilités et à rallier l’ultime projet de compromis, estimant que « le pragmatisme est aujourd’hui la seule option envisageable ».

Enfin le CDH de Joëlle Milquet estime que "le cadre de la réforme de l'Etat proposé par le préformateur peut constituer la base de réelles négociations institutionnelles officielles et la base de l'entrée éventuelle dans un processus de formation de gouvernement voulant assurer un avenir à notre pays et sortir les Belges d'une crise institutionnelle devenue inextricable. Il appelle chaque formation politique à prendre aussi ses responsabilités".

Di Rupo se rend chez le roi

Ce dimanche soir, le préformateur notait que "cinq partis autour de la table ont répondu de manière positive" à son ultime proposition et "ont exprimé leur souhait d'aboutir à un compromis équilibré. Il s'agit du SP.A, de Groen! , du CDH, d'Ecolo et du PS. La N-VA et le CD&V n'ont pas répondu positivement".

Elio Di Rupo ajoute que dans ce contexte, il se rend ce dimanche à 18 heures chez le Roi pour lui faire rapport de sa mission.

Le préformateur donnera ensuite une conférence de presse ce lundi à 11 heures 30, dans la salle internationale de la Chambre des Représentants.