Le cardinal Danneels s’estime diffamé

Fernand Keuleneer, l’avocat du cardinal Godfried Danneems estime que le quotidien De Standaard a diffamé l’ancien Primat de Belgique lorsqu’il l’accuse d’avoir tenté d’étouffer les abus sexuels commis sur un mineur par Roger Vangheluwe, l’ex-évêque de Bruges.

Dans son édition de samedi, le quotidien De Standaard a publié la transcription d'enregistrements réalisés par la victime de ces abus, lors d'une confrontation le 8 avril avec l'évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, en présence du cardinal Danneels.

Selon ces enregistrements, le cardinal Danneels avait tenté de convaincre la victime de se contenter d'un "pardon", ou du moins de ne pas révéler l'affaire jusqu'à la retraite de Roger Vangheluwe un an plus tard.

La rédaction du Standaard, en soulignant en caractère rouges certains passages et en sélectionnant les extraits des enregistrements a "volontairement et sciemment diffamé" l'ex-primat de Belgique, estime son avocat, Fernand Keuleneer.

Le cardinal Danneels (photo) n'avait pas pu préparer cette confrontation et ses réactions durant ces discussions en présence de la victime et de sa famille étaient "instantanées", ajoute l'avocat.

"Comme toute personne dans cette situation, il souhaitait ensuite continuer à réfléchir plus longuement à ces questions dans la perspective d'une deuxième rencontre, qui n'a jamais eu lieu", a encore expliqué Me Keuleneer.

L'évêque de Bruges, 73 ans, avait démissionné le 23 avril en reconnaissant avoir "abusé sexuellement d'un jeune"  (son neveu) durant plus de 10 ans.

Le cardinal Danneels avait rejeté le 24 avril, lors d'une conférence de presse, des accusations selon lesquelles il était depuis longtemps au courant de ces abus.

“Le cardinal aurait pu en faire plus”

"Le Standaard ne mène pas de chasse aux sorcières contre le cardinal Danneels" écrivent les rédacteurs en chef du journal Bart Sturtewagen et Karel Verhoeven.

"La raison principale de la publication de la transcription des enregistrements est qu’il s'agit d'un document important pour la société.

Ce document met en lumière la manière dont le cardinal et l’Eglise belge qu’il a dirigée durant des décennies ont traité les affaires d’abus sexuels commis par des prêtres sur des mineurs.

Même si ces enregistrements ont été effectués de manière clandestine, nous estimons que nous n’avions pas le droit de les garder secrets".

Le journal relève que même dans son droit de réponse, il est frappant de constater ce que n’a pas fait le cardinal.

Durant des jours, il a conservé pour lui seul les aveux de l’ex-évêque de Bruges, il ne l’a pas recontacté afin de le convaincre de la nécessité d’une démission immédiate.

Il n’a pas transmis l’information à la Commission Adriaenssens ni à son successeur Mgr Léonard".