Elio Di Rupo se rend chez le roi, sans accord

L’ultime proposition présentée ce vendredi par le préformateur pour tenter de sortir de l’impasse dans laquelle étaient tombées les négociations sur une réforme de l’Etat, et notamment sur la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde et le financement de Bruxelles, n’a pas fait l’unanimité. Les présidents des 7 partis politiques impliqués dans les négociations de préformation se sont quittés vers 16h00 sans accord. Elio Di Rupo s'est ensuite rendu chez le roi Albert II, et devait donner une conférence de presse en soirée.

Réunis dès 11h30 ce vendredi par le préformateur Elio Di Rupo (PS), les négociateurs du CD&V, de la N-VA, de Groen !, du SP.A, du CDH, du PS et d’Ecolo - les 7 partis pressentis pour approuver une réforme d’Etat - se sont séparés vers 16h00 sur un constat d’échec. Ils ne sont en effet pas parvenus à s’accorder sur l’ultime proposition que leur avait présentée le préformateur pour tenter de sortir de l’impasse autour des dossiers de la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, du financement accru de la Région de Bruxelles-Capitale et de la révision de la loi sur le financement.

En quittant le lieu des négociations, la présidente du SP.A Caroline Gennez a pointé le pouce vers le bas, en signe d’échec. Quant au président de la N-VA, Bart De Wever (photo), il n’a pas voulu faire de commentaire, pas plus que le préformateur Elio Di Rupo.

Le président du PS se rendait donc en fin d’après-midi chez le roi Albert II pour lui faire part de l’échec de la préformation, 82 jours après les élections fédérales anticipées. Il est très vraisemblable qu’il a demandé au souverain d’être définitivement déchargé de ses fonctions.

Une conférence de presse d’Elio Di Rupo était également annoncée pour la soirée, à la Chambre.

"Proposition insuffisante"

Dans un communiqué publié vers 18h00, le président de la N-VA a regretté l’échec de la préformation. « Cet échec est la responsabilité de tous les partis à la table », affirme Bart De Wever. Il souligne que l’ultime proposition d’Elio Di Rupo était insuffisante et pas assez équilibrée.

La dernière proposition du préformateur prévoyait d’allouer immédiatement 250 millions d’euros - et non plus 300 millions - à la Région de Bruxelles-Capitale en échange de la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. L’octroi de 250 autres millions d’euros aurait, lui, été lié à une révision rapide de la loi sur le financement.

La proposition assurait donc une révision rapide de la loi sur le financement, mais déterminait aussi comment les 250 millions pour Bruxelles devaient être investis. La N-VA e le CD&V ont cependant estimé qu’il s’agissait encore toujours d’un « chèque en blanc » pour la capitale.

"A un moment où la Belgique doit partir à la recherche de 25 milliards d'euros d'économies, le CD&V juge un important prélèvement financier irresponsable", indiquait en soirée un communiqué des démocrates-chrétiens flamands.

De son côté, Bart De Wever aurait proposé d’allouer les 500 millions supplémentaires pour Bruxelles uniquement via le biais de la loi sur le financement révisée, tout en accordant à la Région Capitale dans un premier temps des fonds supplémentaires provisoires. Une proposition qu’ont rejetée les partis francophones participant à la préformation.