Ultime tentative pour Elio Di Rupo

Alors que les sept partis pressentis pour soutenir une réforme de l’Etat ont été convoqués ce vendredi, le préformateur Elio Di Rupo a indiqué qu’il allait essayer de formuler une nouvelle proposition pour trouver une solution. De son côté, le ministre-président flamand, Kris Peeters, a déclaré que Bart De Wever devait démontrer sa capacité à accepter un accord.

Depuis dimanche, un désaccord oppose les partis francophones qui participent aux négociations à la N-VA mais aussi au CD&V à propos du lien entre BHV, le refinancement de Bruxelles et la révision de la loi de financement.

Ce vendredi, le préformateur Elio Di Rupo a convoqué une réunion plénière des sept partis pressentis pour soutenir une réforme de l'Etat au cabinet de Jean-Claude Marcourt.

Après un nouveau tête-à-tête avec le président de la N-VA, Bart De Wever, Elio Di Rupo a indiqué jeudi soir, dans des déclarations aux chaînes de télévision, qu'il allait essayer à nouveau de formuler une proposition pour trouver un accord. Alors que le ton du préformateur était particulièrement pessimiste il a toutefois précisé qu'il gardait l'espoir "jusqu'à la dernière seconde", parlant ainsi d’un "ultime effort".

"Je ferai le maximum maximorum de ce qui est humainement possible mais je ne suis qu'un être humain. J'ai donné tout ce qui est possible et même un peu plus", a-t-il encore précisé.

"De Wever doit montrer qu’un accord est possible"

Dans un entretien accordé à la VRT, le ministre-président flamand Kris Peeters (photo) a invité le président de la N-VA Bart De Wever à "démontrer sa capacité à pouvoir sceller un accord".

"De Wever doit absolument montrer qu'il est prêt à souscrire à un accord", a indiqué le ministre-président flamand. "A partir du moment où Di Rupo reprend un certain nombre d'éléments dans sa proposition, il importe pour nous de devoir rester réalistes", a-t-il précisé.

Kris Peeters estime notamment important qu'Elio Di Rupo ait accepté de faire basculer le centre de gravité des compétences de l'Etat fédéral vers les entités fédérées et qu'il ait pris des engagements clairs à propos de la loi de financement. Il estime que tous les éléments en vue de la conclusion d'un accord se trouvent sur la table des négociations.

"En l'absence d'un accord, les compteurs seront remis à zéro"

Faute d'accord sur la proposition ultime, ce serait l'échec des négociations. Et "tous les compteurs seront alors remis à zéro", a averti sur La Première (RTBF) le vice-président du PS, Philippe Moureaux, rappelant qu'il n'y a d'accord sur rien tant qu'il n'y a pas d'accord sur tout.

Dans un tel scénario, certains évoquent la possibilité d'appeler les libéraux à la rescousse. Ce serait, dit-on, le souhait de Bart De Wever mais au PS on refuse cette alternative. En cas d'échec de l'actuelle négociation, il reviendrait, selon M. Moureaux, à Bart De Wever de prendre ses responsabilités. "C'est mon avis personnel", a dit le vice-président du PS.

Dans une interview de rentrée accordée au Vif et à La Première, Philippe Moureaux ne se montre pas très optimiste. "On est jusqu'à présent dans un processus de délitement de l'Etat. On va peut-être entrer dans l'organisation progressive de la séparation", fait-il observer.