Le roi tient sa décision en suspens et consulte

Après l’échec de l’ultime négociation et la demande de démission du préformateur Elio Di Rupo, le roi Albert a décidé de tenir sa décision en suspens et d’entamer des consultations. Il a ainsi reçu le président par intérim du CD&V, Wouter Beke ainsi que la présidente du cdH, Joëlle Milquet.

Hier après-midi, les représentants des partis politiques ont quitté la table des négociations sans qu’un accord ne soit trouvé. Le préformateur Elio Di Rupo s’est alors immédiatement rendu chez le roi afin de lui demander de le démettre de sa mission.

Si le roi a décidé de garder sa décision en suspens et d’entamer des consultations, Elio Di Rupo a d’ores et déjà fait comprendre lors d’une conférence de presse qu’il ne désirait en aucun cas rester préformateur. "Je suis à présent de nouveau président du PS", a-t-il déclaré déçu.

La suite des évènements reste pour l’instant incertaine. Certains partis se tourneront sans doute vers la N-VA afin que le parti cherche une solution. Il est également possible que le roi décide d’instaurer une "période de refroidissement".

Quoi qu’il en soit, il semble que le souverain désire tout d’abord rencontrer un certain nombre de présidents de partis avant de prendre une décision.

Alors qu’Elio Di Rupo lisait son discours devant la presse, le président par intérim du CD&V, Wouter Beke, était ainsi le premier à se rendre chez Albert II. Ce matin, le souverain a également reçu la présidente du cdH, Joëlle Milquet.

Il a ensuite successivement rencontré la présidente du sp.a Caroline Gennez, le co-président d'Ecolo Jean-Michel Javaux et le président de Groen Wouter Van Besien.

"Je ne souhaite pas la fin de la Belgique"

Lors de sa conférence de presse, Elio Di Rupo a commencé par dire qu'il avait insisté auprès du Roi pour être réellement déchargé de sa mission de préformation à l'issue de la période de consultations.

"C'est avec tristesse que j'ai constaté que deux partis n'ont pas pu accepter les dernières propositions", a constaté M. Di Rupo pour qui un accord équilibré était pourtant possible. Le préformateur a énuméré les avancées qu'il avait engrangées et qui devaient permettre de déplacer le centre de gravité vers les entités fédérées. "Malheureusement, sur BHV et Bruxelles, les discussions n'ont pas pu aboutir", a dit M. Di Rupo.

Il a insisté sur le fait qu'un accord devait être évalué dans son ensemble et a ajouté que les francophones s'étaient montrés ouverts et constructifs pour faire évoluer la Belgique, "mais pas à n'importe quel prix".
"Il est temps de repartir sur d'autres bases", a encore dit M. Di Rupo. Quand il sera déchargé définitivement de sa mission, il redeviendra président du PS. Son parti continuera à se montrer constructif, a-t-il ajouté.

"Je ne souhaite pas la fin de la Belgique", a encore dit M. Di Rupo, qui a plaidé pour le dialogue et pour que "les Wallons et les Bruxellois soient respectés au même titre que les Flamands".