Les journaux s'alarment au lendemain d’un nouvel échec

"Et maintenant?", "C’est fini", "Game over", "La Belgique en enfer"… Les titres des journaux de ce matin sont clairs : la situation est grave. Pour la plupart des éditorialistes, les partis politiques devront pourtant reprendre les négociations.

Dans Het Belang van Limburg, Eric Donckier écrit que la Belgique n'a pas d'avenir sans révision de la loi de financement et sans responsabilité financière à tous les niveaux de pouvoir. "Les francophones disent que la N-VA et dans une moindre mesure le CD&V, sont les fossoyeurs de la Belgique avec leurs revendications communautaires toujours plus fortes. Mais quand il s'agit de sauver financièrement le pays et de lui assurer un avenir, ils ne suivent pas".

Pour Paul Geudens du Gazet van Antwerpen, la grande cause de l'échec des négociations revient aux francophones et en particulier à Elio di Rupo. "Son ultime compromis n'allait pas assez loin. Il le savait d'avance", explique-t-il.

Guy Tegenbos du journal De Standaard fait un parallèle avec les négociations de la coalition gouvernementale néerlandaise. "Ce ne sont pas les têtes couronnées (néerlandaise et belge) qui doivent résoudre les problèmes mais ceux qui ne portent pas de couronne. Le PS et la N-VA sont deux rois sans couronne qui doivent mener ce pays bicéphale vers une solution. Et vite. Sinon, ils perdront leur légitimité et les citoyens leur bien-être".

Liesbeth Van Impe du Nieuwsblad suppose aussi que Di Rupo et De Wever devront se retrouver autour de la table. Les deux ont montré qu'ils avaient fait des pas dans la bonne direction et qu'ils avaient aussi commis des erreurs. "Les comparaisons avec la débâcle de 2007 s'imposent. Toutefois, les différences sont significatives. Il y a des compromis possibles sur la table. Espérons qu'il n'y ait pas encore de blessures irréparables".

"On s'est réveillé en 2007 ce matin", écrit Yves Desmet dans De Morgen. "On en revient au même point: rien". Il estime que les négociateurs avaient fortement avancé dans des dossiers qui bloquent le pays depuis des années.

Pour Wim Van de Velden du Tijd, ce qui s'est passé cette semaine fait peser une hypothèque sur la prochaine tentative de former un gouvernement. L'échec des négociations n'est pas un drame selon lui, mais "il peut le devenir si les marchés financiers se mettent à croire qu'il est impossible de former un gouvernement en Belgique".

Enfin pour Luk Van Der Kelen du journal Het Laaste Nieuws, le temps commence à compter. "Un nouveau gouvernement pour le 12 octobre est exclu. La Toussaint, c'est trop tôt et même St-Nicolas. A Noël ? ".