Flahaut et Pieters entament leur mission mardi

Les présidents de la Chambre André Flahaut (PS) et du Sénat Danny Pieters (N-VA), désignés samedi soir comme médiateurs par le roi Albert II, se sont vus dimanche après-midi pour mettre au point leur méthode de travail. Dès mardi, ils recevront les présidents des sept partis politiques impliqués dans les négociations de préformation.

Après l’échec vendredi des négociations dirigées par le préformateur Elio Di Rupo (PS), Albert II a déchargé le président du PS de sa mission et désigné samedi soir les présidents de la Chambre et du Sénat, André Flahaut (PS) et Danny Pieters (N-VA), comme médiateurs « pour relancer les négociations en vue de la formation du gouvernement ».

Les sept partis qui ont participé aux négociations menées par Elio Di Rupo se sont dits satisfaits par la désignation du duo de médiateurs. La présidente du SP.A, Caroline Gennez, a cependant parlé d’un « duo polisson », tandis que l’ancien Premier ministre CD&V Mark Eyskens a qualifié la nomination de « paravent chinois ».

Lors des émissions de radio et télévision de ce dimanche, les libéraux flamands et francophones se sont montrés prêts à s’asseoir à la table des négociations de préformation.

« On sent nettement que Bruxelles est le grand sujet de discussion », affirmait Didier Reynders (MR, photo) dans l’émission « Mise au point » de la télévision publique francophone RTBF. « Je constate que l’on a résolument opté pour un dialogue avec le plus grand parti flamand, la N-VA, et le plus grand parti wallon, le PS, mais le plus grand parti bruxellois (le MR, ndlr.) n’est apparemment pas souhaité à la table des négociations. Je pense qu’il faut davantage chercher dans ce sens aujourd’hui ».

Réactions francophones divergentes

Ce dimanche, tant le ministre-président wallon Rudy Demotte (PS) que la ministre fédérale Laurette Onkelinx (PS) ont surpris tout le monde en affirmant que la Wallonie devait peut-être se préparer à l’idée d’une scission de la Belgique, au vu des revendications flamandes.

Ce lundi, ces propos soulèvent de vives réactions, des deux côtés de la frontière linguistique. Dans l’émission de la VRT « De Ochtend » sur Radio 1, Rudy Demotte a relativisé ses propos, affirmant qu’il n’avait jamais voulu plaider en faveur d’une scission du pays. « J’ai seulement dit que les francophones, les Wallons doivent prendre les rênes en main. Cela ne veut absolument pas dire que nous souhaitons un divorce. Les francophones doivent tout simplement faire tout ce qui est en leur pouvoir pour relancer leur économie ».

Pour la présidente du CDH, Joëlle Milquet (photo), les déclarations de quelques socialistes francophones n’étaient pas à propos. « Nous devons maintenant chercher un accord pour un Etat stable. Les propositions à cet effet étaient d’ailleurs sur la table ».

« Je fais tout pas à pas. Notre premier but est de trouver l’accord que notre pays mérite. Mais tout le monde doit avoir la volonté politique de parvenir à un accord. On peut toujours trouver une excuse pour ne pas atterrir. Si cela se passait à nouveau, nous le verrions très rapidement et il faudra alors en tirer les conclusions. Mais c’est encore trop tôt », précisait Milquet. « Les francophones n’ont d’ailleurs jamais eu peur de prendre les choses en main. Nous ne devons pas douter de nos compétences. Le Plan Marshall est la preuve que nous pouvons aussi atteindre des résultats ».