"Les valeurs de l’UE sont en danger"

Le Parlement européen s’exprime aujourd’hui, dans le cadre d’un vote, sur une résolution rappelant la France à l’ordre pour sa politique d’expulsion des Roms. Le chef du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, espère que l’assemblée donnera un signal fort.

Si le président français, Nicolas Sarkozy, peut compter sur un certain soutien de la population de son pays, d’autres Etats européens ont exprimé ces dernières semaines de nombreuses critiques quant à la politique d’expulsion exercée en France à l’égard des Roms. La fraction libérale du Parlement européen a ainsi mis la question à l’agenda de la séance plénière de ce mardi.

Selon le chef du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, "les valeurs fondamentales de l’Union européenne sont en danger". "L’Union européenne repose sur la liberté, la solidarité, la justice, la libre circulation des marchandises, des personnes et des capitaux. La politique actuellement menée en France va, aux yeux de la plupart des fractions du Parlement européen, à l’encontre de ce que l’Union européenne signifie", a indiqué Guy Verhofstadt sur les ondes de Radio 1 de la VRT.

"Les gouvernements puisent dans le populisme"

Selon Guy Verhofstadt, l’affaire ne concerne pas que la France. "On remarque que les gouvernements nationaux qui ne sont apparemment pas capables de trouver les bonnes réponses face à la crise économique, par manque aussi de collaboration européenne, commencent à puiser dans le populisme, la xénophobie et le racisme pour obtenir le soutien de leur population. C’est un développement extrêmement dangereux de la situation", a-t-il par ailleurs souligné.

C’est pourquoi, selon l’ancien Premier ministre belge, cette affaire doit être prise en charge. "Ce sera également un point de départ pour signifier à la Commission européenne la présence d’une crise latente en Europe". Guy Verhofstadt estime qu’il y aura certainement une majorité de l’assemblée qui votera en faveur de cette résolution. "mais ce serait bien qu’un avis unanime soit exprimé au sein du Parlement". Il faudra donc attendre le point de vue du Parti populaire européen (PPE), dont le parti UMP de Sarkozy fait partie. "Pour l’instant nous n’avons aucune idée de leur opinion sur la question", a ajouté le chef des libéraux européens.

Et de souligner l’importance d’un rappel à l’ordre à l’encontre du président français. "Le Parlement européen forme actuellement une assemblée possédant d’importantes compétences politiques et législatives. Depuis le traité de Lisbonne, des changements ont clairement eu lieu. La Commission doit à présent prendre ses responsabilités, qu’il s’agisse de Sarkozy, de Merkel, ou de n’importe quel autre chef d’Etat d’un plus petit pays. Cela ne doit pas faire de différence. Il s’agit des principes et des valeurs de l’Union, et ces valeurs doivent être maintenues", a-t-il conclu.