Les dossiers doivent être rendus à l’évêché

La Chambre des mises en accusation a indiqué que tous les dossiers qui avaient été emmenés par les enquêteurs lors des perquisitions menées en juin dernier au palais épiscopal de Malines et au domicile du cardinal Godfried Danneels devront être restitués. L’Opération Calice semble ainsi enterrée. L’enquête sur les abus sexuels d’enfants par des prêtres et d’éventuelles tentatives d’étouffements de certaines affaires au sein de l’Eglise devrait par contre être poursuivie.

Les dossiers qui doivent être restitués sont ceux qui ont été emportés par les enquêteurs lors des perquisitions menées le 24 juin dernier au palais épiscopal et en la cathédrale de Malines, ainsi qu’au domicile du cardinal Godfried Danneels, dans le cadre de l’Opération Calice. Ces perquisitions avaient suscité des critiques parce qu’elles avaient été menées de façon très démonstrative et avaient été jusqu’à ouvrir une crypte en la cathédrale.

Saisie par le parquet général pour examiner la régularité de l’instruction menée par le juge Wim De Troy sur l’abus sexuels d’enfants et d’éventuelles tentatives d’étouffement de certaines affaires au sein de l’Eglise, mais aussi la régularité des perquisitions, la Chambre des mises en accusation a estimé que les perquisitions n’avaient pas été menées de façon valide et que tous les dossiers saisis devront être rendus.

« Tous les actes d’enquête qui reposent sur ces perquisitions nulles ont également été déclarés nuls », précise l’avocat du cardinal Danneels, Fernand Keuleneer.

« Concrètement, il s’agit notamment de 140 mètres d’archives de l’Eglise, provenant entre autres des tribunaux ecclésiastiques. Les ordinateurs de l’évêché avaient déjà été restitués, mais des copies du contenu avaient été réalisées. Ces dernières devront aussi être rendues ».

En août, la Chambre des mises en accusation avait déjà stipulé que les 475 dossiers concernant des cas d’abus sexuels dans le cadre d’une relation pastorale qui avaient été saisis le 24 juin à la Commission dirigée par le pédopsychiatre Peter Adriaenssens avaient été saisis de façon illégale et devaient être restitués. Ils ne pourront plus être utilisés comme pièces à conviction.

Le juge d’instruction Wim De Troy (photo) semble donc avoir perdu maintenant tout le matériel qu’il avait rassemblé dans le cadre de l’Opération Calice. Mais selon l’avocat Keuleneer, les enquêteurs souhaitent poursuivre leur travail. « Le juge d’instruction n’a pas été privé de l’enquête. Il peut donc poursuivre son travail, pour autant qu’il le fasse correctement ».