L’Union veut venir en aide au Pakistan

Réunis de façon informelle à Bruxelles, ce vendredi, les ministres européens des Affaires Etrangères ont affirmé vouloir aider sur le plan humanitaire, politique et économique le pays ravagé par des inondations catastrophiques. Il s’agit notamment d’éviter une déstabilisation politique du Pakistan.

La réunion informelle des 27 ministres des Affaires Etrangères de l’Union européenne avait lieu ce vendredi au Palais d’Egmont à Bruxelles et était présidée par Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, ainsi que par le ministre Steven Vanackere (photo principale) - la Belgique assurant encore jusqu’à la fin de l’année la présidence à l’Union.

« Nous devons aider le Pakistan sur le plan humanitaire, politique et économique », a déclaré Catherine Ashton. Les Pakistanais « ont besoin d’avoir la capacité de développer leur économie, via le commerce ». S’étant entretenue jeudi avec le ministre pakistanais des Affaires Etrangères, Shah Mehmood Qureshi, la Haute représentante a souligné que l’Union avait besoin d’une « approche complète », à savoir l’aspect humanitaire mais aussi la lutte contre le terrorisme et l’amélioration des échanges commerciaux.

Les ministres européens veulent notamment éviter que les récentes inondations - qui ont fait au moins 1.760 morts et 10 millions de sans-abri au Pakistan - ne conduisent à l’instabilité du pays sur le plan politique et sécuritaire.

Le Commissaire européen au Commerce, le Belge Karel De Gucht (photo), a présenté aux 27 ministres trois options pour soutenir le Pakistan.

La première option serait de suspendre temporairement les droits de douane de l’Union à l’importation sur 13 types de produits textiles exportés par le Pakistan. Cette option a cependant été rejetée, par crainte que la Chine ou l’Inde, par exemple, ne tentent de profiter de cette mesure.

Une seconde option serait une diminution temporaire de droits de douane sur certains produits. Les ministres des Affaires Etrangères ont demandé au Commissaire au Commerce de réaliser à ce sujet une étude de faisabilité, sur base de laquelle les ministres pourront prendre une décision jeudi prochain, lors du sommet prévu à Bruxelles.

La troisième option serait d’octroyer au Pakistan le statut de la nation la plus favorisée au sein du système de préférences généralisées (SPG), qui permet d’aider les pays en développement à réduire la pauvreté en leur accordant des préférences tarifaires.

Relations avec la Chine

Les ministres européens des Affaires Etrangères se sont également entretenus sur les relations entre l’Union et la Chine. Catherine Ashton s’est rendu récemment en Chine et présentait à ses collègues rassemblés à Bruxelles une note reprenant les trois grands problèmes que rencontre l’Union dans ses relations avec la Chine, à savoir les droits de l’Homme, l’embargo sur les armes et le statut de marché de la Chine.

Alors que l’Union n’a toujours pas reconnu la Chine comme une économie de marché, ses pays restent divisés sur la question d’une levée de l’embargo sur les armes à la Chine, introduit au lendemain de la répression des manifestations de 1989 Place Tiananmen. L’idée de conditionner une levée de l’embargo à des critères stricts ne fait pas l’unanimité.

Dans un document examiné par les ministres européens à Bruxelles, et dont l'Agence France Presse a obtenu copie, il est question de soumettre la levée de l'embargo à des conditions comme une amélioration des relations avec Taiwan, une amnistie pour toutes les arrestations liées au soulèvement de la Place Tiananmen, et un calendrier pour la ratification de la Convention des droits civils et politiques.