Pakistan : Michel appelle à une coordination de l’aide

Le ministre de la Coopération au développement Charles Michel a souligné lundi, alors qu'il était au Pakistan pour accompagner un convoi humanitaire d'une trentaine de tonnes et constater sur place l'ampleur de la catastrophe provoquée par des inondations historiques, la nécessité de mettre en place, au niveau européen, un mécanisme de réaction humanitaire rapide et de renforcer la coordination de l'aide humanitaire entre les différents Etats membres.

En terme de coordination, les Etats membres de l'Union européenne "se contentent souvent de fournir des informations sur les actions menées.

On doit pouvoir aller plus loin", estime le ministre.

Le mécanisme de réaction humanitaire rapide implique pour sa part le déblocage, notamment, de moyens logistiques, de lieux de stockage ou de matériel de première nécessité.

Un tel système permettrait d'équiper l'Union européenne d'une "capacité de réaction rapide" mais certains Etats se montrent encore réticents. "Une des solutions envisagées pourraient être de mettre sur pied ce mécanisme avec certains pays prêts à y participer", avance encore Charles Michel qui défendra sa position lors du conseil informel de la coopération fin octobre à Bruxelles.

Le ministre a par ailleurs insisté, après avoir visité un projet de SOS Village d'Enfants à Karachi et deux campements accueillant les réfugiés et sinistrés dans la province du Sind (Sud), sur l'importance de la coopération et du partenariat entre le gouvernement belge et les ONG. Il était ainsi accompagné, dans le cadre de sa mission, par plusieurs représentants d'associations actives sur place, dont la Croix-Rouge et le Consortium 12-12 (Caritas International, Médecins du Monde, Handicap International, Oxfam Solidarité et Unicef).

Les inondations qui ravagent le Pakistan depuis un mois et demi touchent désormais directement plus de 20 millions de personnes, dont 10 millions sont sérieusement affectées. L'aide internationale est donc primordiale mais la réponse aux appels aux dons est lente. Le Consortium 12-12, par exemple, a jusqu'à présent collecté près de 4 millions d'euros mais il estime ses besoins à plus de 12 millions d'euros.

"Il est évident qu'il faut plus de moyens", ajoute Charles Michel. "Mais il est aussi fondamental de développer une approche régionale Pakistan-Afghanistan, des territoires où la situation politique et sécuritaire est très difficile. Il faut donc être présent dans la région sur le plan humanitaire bien sûr mais aussi sur le plan politique pour assurer la sécurité, la paix et la stabilité des pays."