Dexia supprime 385 emplois en Belgique

La banque franco-belge Dexia va supprimer 665 postes supplémentaires dans le cadre de nouvelles mesures d'économie annoncées mercredi. L’annonce a été faite à l'issue d'un comité d'entreprise européen à Bruxelles. En Belgique, 385 emplois vont être supprimés.

Le groupe avait déjà annoncé, en janvier puis septembre 2009, deux vagues de suppressions de postes, portant au total sur environ 1.500 emplois.

Les nouvelles mesures concerneront en premier lieu la Belgique, avec 385 postes supprimés. Le Luxembourg sera touché à hauteur de 140 postes, la France de 70 et les autres pays de 70.

Elles entrent dans le cadre d'un nouveau plan devant permettre des économies de 160 millions d'euros. Dexia en avait déjà réalisé 360 millions en 2009 et vise au total 600 millions à l'horizon 2011.

"Les nouvelles mesures de réorganisation et de réduction des coûts contribueront à renforcer l'intégration du groupe et permettront de réaliser 160 millions d'économie", a précisé la banque au cours d'une conférence de presse à l'issue du conseil d'entreprise.

"Ce nouveau volet de notre plan d'économie, combiné aux mesures déjà engagées, rend le groupe confiant dans sa capacité à atteindre ses objectifs d'économie de 600 millions d'euros à l'horizon 2011", a ajouté Dexia.

"L'objectif prioritaire est d'éviter les départs contraints", a enfin tenté de rassurer le groupe.

Actions syndicales

Depuis ce matin, le syndicat socialiste SETCa, qui redoutait que le conseil d'entreprise extraordinaire s'accompagne de mauvaises nouvelles sur le front de l'emploi, distribuait des badges à l'entrée de la tour Dexia, place Rogier à Bruxelles, avec le texte: "Hands off my job!" ("Pas touche à mon emploi!").

Après l’annonce de la suppression de 685 postes, les syndicats ont, sans surprise, fait part de leur déception. Ce chiffre, inférieur aux rumeurs de ces dernières semaines qui faisaient état de 700 à 800 pertes d'emplois, ne rassure pas pour autant les représentants des travailleurs.

"385 suppressions de postes, c'est 385 de trop", a commenté Martine Lefèvre, de la CGSLB, à l'issue du conseil d'entreprise. La représentante du syndicat libéral a par ailleurs regretté que la Belgique soit lourdement touchée.

Intervention étatique contre restructuration

Dexia avait été sauvée de la faillite à l'automne 2008 par une intervention commune des Etats belge, français et luxembourgeois, qui lui avaient fourni des capitaux frais et des garanties.

Pour compenser ces aides publiques, le groupe a conclu un accord avec la Commission européenne en février sur un plan de restructuration passant par une série de cessions.

Il a pu améliorer suffisamment sa liquidité pour sortir du système de garanties publiques le 30 juin.