Commission d’enquête sur les abus sexuels?

La Commission Justice de la Chambre s’est réunie ce vendredi pour discuter du traitement des plaintes pour abus sexuels dans le cadre d’une relation pastorale. Le débat s’est avant tout concentré sur la question de savoir si le Parlement doit mener enquête dans ce dossier, et par quels moyens. Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V, photo principale) n’est pas favorable à une commission d’enquête.

Lors du débat de ce vendredi en Commission de la Chambre, le parti nationaliste flamand N-VA s’est opposé à la création d’une commission parlementaire d’enquête, par crainte que la vie privée des victimes d’abus sexuels au sein de l’Eglise ne soit pas respectée. Le parti de Bart De Wever a par contre proposé qu’un groupe d’experts soit créé, qui reste indépendant de l’Eglise et de la politique.

Les démocrates-chrétiens flamands du CD&V se montrent favorables à la proposition, mais y voient des limitations. Le chef de groupe Servais Verherstraeten estime que ce n’est pas la tâche du Parlement d’examiner des faits ou de décider s’ils sont prescrits.

Le ministre de la Justice De Clerck a indiqué qu’il avait chargé le Collège des procureurs généraux d’examiner la manière la plus adéquate pour que la Justice traite le plus de dossiers possibles émanant de la Commission qui traitait les plaintes pour abus sexuels dans le cadre d’une relation pastorale, dirigée par le pédopsychiatre Peter Adriaenssens. Il se dit peu favorable à la création d’une commission d’enquête, parce qu’elle pourrait être néfaste pour les victimes.

Stefaan De Clerck a une nouvelle fois appelé les victimes d’abus sexuels à déposer plainte auprès de la Justice.

De leur côté, les partis socialistes, écologistes et libéraux réclament une enquête parlementaire en profondeur. Le député socialiste Renaat Landuyt (photo) a, quant à lui, demandé au ministre De Clerck d’être davantage un ministre de la Justice et non de l’Eglise.

Les partis écolos, libéraux et socialistes ne sont pas non plus en faveur de la création d’un centre au sein de l’Eglise qui traite des cas d’abus sexuels. Ils estiment que les cas de pédophilie doivent être traités par la justice et non par l’Eglise.

Le parti socialiste francophone propose que l’ensemble des dossiers soient rassemblés au sein d’une cellule spéciale au parquet fédéral.