Vers un examen d’entrée à l’université ?

Les chances de réussite pour un étudiant en première année d’étude dans les universités de Flandre sont limitées. C’est ce qu’écrivent ce lundi les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad, sur base d’une étude menée à l’Université Catholique de Louvain (KUL). Les chercheurs suggèrent donc l’introduction d’une certaine forme de présélection ouvrant l’accès à la première année d’étude universitaire, ainsi qu’un autre système de financement.

« Les étudiants en première année dans les universités de Flandre ont des chances restreintes de réussir. Ceci vaut avant tout pour le groupe assez important d’étudiants qui proviennent des options plus faibles dans l’enseignement secondaire. Leur chance de réussite se situe en-dessous de 25% », concluent les chercheurs Koen Declercq et Frank Verboven du groupe d’études Vives de l’Université Catholique de Louvain (KUL), en Brabant flamand.

Les chercheurs ont analysé les pourcentages de réussite des 73.600 étudiants qui ont entamé des études entre 2001 et 2007. Près de la moitié d’entre eux n’ont pas réussi la première année. Une exception cependant : les étudiants en médecine affichent un pourcentage de réussite de 87,2%. En Flandre, c’est la seule branche d’études pour laquelle il y a un examen d’entrée.

L’étude révèle également des différences dans les chances de réussite d’après le réseau d’enseignement dont provient l’étudiant. Ainsi l’enseignement communautaire donnerait 34% de chances de réussite et l’enseignement catholique plus de 50% de chances.

Ces chiffres sont cependant à prendre avec précaution. Le pourcentage élevé de chances de réussite pour les élèves venant d’écoles libres s’explique partiellement par le fait que ces écoles attirent des élèves d’options fortes.

"Une sélection est conseillée"

Un échec après la première année d’études coûte aussi beaucoup d’argent. Il y a d’abord les dépenses liées à l’étudiant lui-même, comme la location d’une chambre, l’achat de livres et de syllabus. Mais un échec représente aussi un coût social parce que l’étudiant arrivera un an plus tard sur le marché de l’emploi.

La conclusion des chercheurs est claire : une certaine forme de présélection pour entrer à l’université s’impose. « Les quelques expériences d’examens d’entrée à des universités flamandes ont montré que ces examens sont efficaces et qu’ils augmentent de façon significative les chances de réussite des étudiants admis, sans pour cela diminuer nécessairement de façon drastique le nombre total d’étudiants qui réussissent.

Un examen d’orientation non contraignant mènerait aussi déjà à un meilleur choix d’étude de la part des étudiants et donc à de meilleures chances de réussite, estiment les experts.

Ces derniers suggèrent en outre de ne plus permettre l’accès à l’université indifféremment depuis toutes les orientations d’études à l’école secondaire.

Modifier le système de financement

Afin d’augmenter les chances de réussite des étudiants de première année, les chercheurs proposent d’adapter le système de financement de l’enseignement supérieur. « Le système actuel de financement des étudiants de première année ne stimule pas beaucoup l’accompagnement actif des étudiants pour qu’ils choisissent une option qui leur convienne et qui soit adaptée à leurs études antérieures et leurs qualifications », constatent les chercheurs.

« Il faudrait adapter le système aux étudiants de première année, afin d’étudier de façon plus active leur profil dès le début de leur cursus universitaire ».