De Wever : "On fonce droit dans le mur"

"A un certain moment, il faut faire le point : tout cela a-t-il encore un sens ? Ou bien cela ne nous mène nul part ?" Sur les ondes de Radio 1, le président de la N-VA n’a pas caché son pessimisme sur les actuelles négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.

Le dénommé "groupe de haut niveau" recherche depuis plusieurs jours des points d’accord sur un certain nombre de dossiers épineux. Hier, une fuite avait révélé que les Francophones étaient prêts à accorder 10% d’autonomie fiscale aux Régions. Une proposition insuffisante pour le président du Parlement Flamand, Jan Peumans (N-VA).

Le président de la N-VA estime de son côté que les négociations se déroulent difficilement, tout comme toutes les discussions ratées de ces derniers mois. "Peut-être qu’Elio Di Rupo et moi-même nous attendions à autre chose l’un de l’autre. Nous n’avons pas réussi à aboutir à un accord, mais il n’y pas non plus de garantie que cela soit le cas à l’avenir", a-t-il déclaré sur Radio 1 (VRT).

"Cela fait trois ans que ce pays est à l’arrêt car il est si compliqué de faire des additions. Nous voulons prendre une autre direction, pas seulement au niveau institutionnel, mais aussi dans des domaines tels que la politique de migration, la justice, la sanction des jeunes… Un pays tel que les Pays-Bas a déjà de la peine à y arriver. Si on doit compter deux pays qui n’ont pas la même vision des choses, cela devient incroyablement difficile".

Au lendemain de sa victoire électorale, Bart De Wever avait annoncer la formation d’un gouvernement d’ici septembre. "Je craignais que ces mots ne me poursuivent. Nous ne pouvons pas continuer à baragouiner sans aucun résultat. A un certain moment, il faut faire le point : tout cela a-t-il encore un sens ? Ou bien cela ne nous mène nul part ?", s’interroge le président de la N-VA.

"Nous nous trouvons dans une situation de perdant-perdant. Les gens ont voté pour nous car ils veulent du changement. Ils veulent que le pays soit structurellement remis en ordre, mais nous fonçons droit dans le mur. Devons-nous dès lors dire aux gens qu’on y arrive tout simplement pas, ou devons nous tout de même former un gouvernement ? Ce dernier scénario n’a pas réussi la dernière fois. Si nous parvenons à un accord avec lequel rien ne change, alors on se retrouve dans une situation de Leterme bis, et on devient après quatre ans le dindon de la farce".