“L’emploi ne protège plus contre la pauvreté”

Près de 5% de la population active vit sous le seuil de pauvreté. C’est ce qui ressort d’une étude menée par le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale. "Un emploi protège moins qu’avant contre l’indigence parce que les conditions de travail deviennent toujours plus mauvaises"

"Au cours de ces dernières décennies, les conditions de travail en Belgique se sont détériorées sous la pression de la flexibilité des contrats" et du temps de travail, affirme Henk Termote du Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale.

"C’est la raison pour laquelle la situation se détériore en premier lieu pour ceux qui ont peu de chances de trouver un emploi. Ils se retrouvent souvent dans un cercle vicieux d’emplois mal rémunérés et dépréciés, et souvent aussi dans une succession de contrats de courte durée, à temps partiel, alternant avec de longues périodes de chômage".

En 2006, le nombre de personnes actives qui risquaient de tomber sous le seuil de pauvreté était de 4,2%. En 2008, ce pourcentage était déjà monté à 4,8%. En chiffres absolus, cela représentait 180.000 travailleurs qui risquent de sombrer dans la pauvreté en 2006 et 220.000 actifs qui étaient dans ce cas en 2008.

Le Service souligne qu’il s’agit de chiffres qui datent d’avant la crise économique et constate que depuis deux ans le nombre de personnes au travail qui risquent de sombrer dans l’indigence a encore augmenté.

Plaidoyer pour un emploi décent

A l’occasion de la troisième journée mondiale de l’emploi décent, ce 7 octobre, le Service de lutte contre la pauvreté plaide en faveur d’emplois de meilleure qualité et d’une politique d’activation pour les chômeurs qui soit plus équilibrée, afin d’aider les citoyens à sortir de façon durable de la pauvreté. Il s’agit d’emplois "qui offrent des conditions de travail favorables, qui ouvrent des perspectives et permettent d’améliorer les conditions de vie", précise Henk Termote.

Selon le Service, la politique actuelle de contrôle des chômeurs semble contribuer à l’augmentation du nombre de travailleurs pauvres. "Il est donc essentiel d’entamer un vaste débat social, afin de parvenir à une politique d’activation plus équilibrée".

Une délégation des syndicats et de plusieurs organisations non-gouvernementales du pays se rendra ce jeudi à la Fédération des entreprises de Belgique et au Parlement, avec les témoignages de travailleurs qui vivent dans la pauvreté.