Faut-il autoriser l'accouchement sous X en Belgique?

La mère du nouveau-né découvert mercredi dans un garage à Gand a été retrouvée et entendue par la police. Il s’agit d’une femme de 32 ans, originaire de Merelbeke. Selon le code pénal, les parents qui abandonnent un enfant risquent une amende et une peine pouvant aller jusqu'à 3 ans de prison.

Le nouveau-né avait été découvert mercredi, emballé dans une couverture, dans le parking souterrain du GB-Groene Vallei à Gand.

Il s’agissait d’une petite fille, née apparemment moins de 24 heures plus tôt. C’est une employée de l’hôpital Jan Palfijn qui a fait la découverte. Emmenée à l’hôpital, la petite fille est en bonne santé.

Selon le Dr Philippe Jeannin qui l’a examiné, le bébé est en parfaite santé et pèse 2,93 kg, ce qui indique qu’il n’a pas été sous-alimenté.

Selon le code pénal, les parents qui abandonnent un enfant risquent une amende, ainsi qu'une peine pouvant aller jusqu'à 3 ans de prison.

A la suite de cette découverte, plusieurs voix se font entendre pour que la législation change en Belgique.

Ainsi la sénatrice socialiste et gynécologue Marleen Temmerman estime qu’il faut faire en sorte que les femmes en détresse, qui veulent se séparer de leur enfant tout en restant anonymes, puissent bénéficier d’un soutien psychologique.

"Il est temps d’examiner une modification de notre législation. Pour cela nous devons nous inspirer de ce qui se fait à l’étranger et instaurer en Belgique l’accouchement sous X, ou du moins un accouchement discret", ajoute le sénatrice SP.A (photo).

Pas de manière anonyme, mais discrète

Mercredi soir, la députée CD&V Nahima Lanjri avait annoncé qu'elle réactiverait la proposition de loi de 2008, qu’elle avait déposée avec la sénatrice Sabine de Bethune. Cette proposition permettrait aux mères de mettre au monde de manière discrète leur enfant qui ensuite pourra être adopté.

"Nous voulons nous inspirer de la législation française qui permet un accouchement sous X, mais nous ne voulons pas un anonymat complet comme en France", a déclaré Lanjri.

"Nous préférons une procédure au cours de laquelle la mère s’engagerait à se séparer de son enfant immédiatement après la naissance. Dans cette forme d'accouchement, mère et nouveau-né seraient accueillis à l'hôpital, mais la mère ne devrait pas décliner son identité".

Dans cette procédure, les données de la mère seront conservées de manière discrète par les autorités compétentes pour l'adoption. Celles-ci pourraient, le cas échéant, jouer les boîtes aux lettres entre la mère biologique et l'enfant si ce dernier exprime le souhait, plus tard, de prendre contact avec elle.