Mieux communiquer en cas d’alerte terroriste

Les réactions divergentes des pays membres de l’Union face à la mise en garde des Etats-Unis sur la possibilité d’attaques terroristes en Europe doivent encourager les 27 à améliorer leur communication en cas de danger et à harmoniser les systèmes d’alerte dans les états membres. C’est ce qu’affirme la ministre belge de l’Intérieur, Annemie Turtelboom.

C’est la ministre Annemie Turtelboom qui présidait la réunion des ministres européens de l’Intérieur, ce jeudi à Luxembourg, la Belgique assurant encore jusqu’à la fin de l’année la présidence tournante à l’Union. Les 27 se réunissaient pour apporter une réponse à la mise en garde américaine face à la possibilité d’attaques terroristes en Europe.

Les 27 ministres ont reçu un texte et des explications de Jane Holl Lute, une collaboratrice de Janet Napolitano, la Secrétaire d’Etat à la Sécurité intérieure. Elle a confirmé "des menaces terroristes réelles et persistantes, sans nommer les cibles précises de ces éventuelles attaques", précisait le Belge Gilles de Kerchove, qui coordonne la lutte contre le terrorisme au niveau de l’Union européenne.

Le danger viendrait essentiellement de jeunes Européens qui se sont rendus au Pakistan et en Afghanistan pour y combattre les troupes occidentales. Selon les services américains de renseignements, ces Européens projetteraient de rentrer dans leur pays d’origine pour y commettre des attentats, précisent des sources françaises.

Davantage de coordination nécessaire

L’information sur base de laquelle les Etats-Unis ont diffusé le week-end dernier des conseils de voyage à leurs ressortissants qui se rendent en Europe avait été communiquée aux pays de l’Union quelques jours avant d’être promulguée.

La sécurité intérieure étant une prérogative pour tous les états membres, ces derniers ont analysé individuellement l’information reçue et décidé s’ils allaient, ou non, augmenter leur niveau d’alerte, notamment sur base d’éléments supplémentaires dont ils disposaient.

"La communication américaine a donc mené à une certaine incertitude au sein des pays de l’Union", explique la ministre belge Annemie Turtelboom. Elle estime qu’il serait mieux d’améliorer la façon dont les pays communiquent au sujet de ce type d’information, tant avec les Etats-Unis d’une part qu’entre eux d’autre part.

La ministre de l’Intérieur souligne également qu’il est nécessaire d’harmoniser la façon dont les pays de l’Union qualifient les différents niveaux d’alerte.