BHV: la N-VA fixe l'échéance au 18 octobre

Tant que la mission de clarification menée par Bart de Wever ne sera pas terminée, soit pas avant le 18 octobre, la N-VA ne soutiendra aucune proposition de loi en vue de scinder l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

La N-VA n'acceptera pas de traiter dès mardi en urgence à la Chambre la proposition de loi déposée par le Vlaams Belang sur la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, a indiqué le chef de groupe N-VA à la Chambre Jan Jambon lors de l'émission dominicale de la VRT, "De Zevende Dag".

Toutefois, s'il n'y a pas de solution en vue d'ici au 18 octobre, terme de la mission du "clarificateur", la N-VA explorera quand même "la voie parlementaire".

"Même si on ne pense pas la même chose, on doit pouvoir se mettre d'accord"

Tant les nationalistes flamands que les socialistes flamands ont qualifié la situation de très difficile.

Une mission très difficile, a dit le chef de groupe N-VA à la Chambre, Jan Jambon: "Bart De Wever doit rapprocher les points de vue des sept partis autour de la table sur quatre thèmes (réforme de l'Etat, loi de financement, BHV et financement de Bruxelles) alors que les nationalistes flamands ne veulent pas se limiter à ces sept partis et que l'on est encore très loin de la grande réforme voulue par la N-VA.

Le chef de groupe SP.A, Bruno Tobback (photo), n'a donné qu'une très faible chance de succès à la mission, même s'il est indispensable d'après lui qu'enfin, des avancées soient engrangées.

Le socialiste flamand a rejeté les critiques que la N-VA a formulées contre son parti. Les nationalistes disent ouvertement se méfier des socialistes et regrettent que les partis flamands ne puissent constituer un front devant les Francophones.

Une opinion que réfute Bruno Tobback: selon lui, il est possible de trouver une ligne commune entre les partis flamands.

L'ancien ministre a aussi insisté sur le travail fourni par son parti et les diverses propositions qu'il a déjà couchées sur le papier.
"Tout le monde les a reçues. Et c'est le droit de Bart De Wever de les donner à son grand ami Reynders", a-t-il ajouté, répondant de la sorte à la N-VA qui accuse le SP.A de transmettre au PS tout ce que les Flamands préparent.
 

Bruno Tobback s'est également interrogé sur l'apport des libéraux dans la situation actuelle et s'est demandé si la N-VA était prête à discuter avec des gens qui pensaient différemment d'elle.

"Si vous voulez progresser, vous devez oser regarder certaines choses en face. On ne peut quand même pas balancer par dessus bord Luc Cortebeeck, et donc le CD&V, Mme Milquet, les Verts, le PS et ensuite vouloir un gouvernement qui prend les mesures urgentes.

Dans mon ménage aussi, on ne pense pas toujours la même chose mais il faut pouvoir se mettre d'accord", a-t-il souligné.

"La Belgique est un avion bi-moteur"

Le chef de groupe CD&V, Servais Verherstraeten, a rappelé le point de vue de sa formation: il ne pose aucune exclusive contre d'autres partis.

"Le PS et la N-VA sont assis dans le cockpit et ils décident qui seront les passagers. Le plus important, c'est que l'avion vole, mais la Belgique, c'est un avion bi-moteur", a-t-il dit.

Selon lui, PS et N-VA doivent rétablir la confiance afin que les discussions puissent reprendre sur le contenu.

"Arrêtons avec les deadline et les menus", a-t-il précisé.

"Que Bart De Wever dise où il veut aller"

Chez les libéraux, Patrick Dewael (photo) constate qu'après quatre mois, il n'y a toujours pas de clarté sur le contenu des discussions ni sur les partenaires autour de la table.

"Le roi voit les choses d'une façon et la N-VA les voit autrement. Nous demandons que De Wever joue enfin cartes sur table et qu'il dise où il veut aller", a-t-il expliqué.

Jan Jambon s'est voulu clair: une grande réforme de l'Etat, un assainissement des finances et une politique d'asile et de l'immigration significativement plus stricte.

Aucun des partis flamands ne s'est montré enthousiaste à l'idée d'un gouvernement sans la N-VA. "PS et N-VA ont la responsabilité de former un gouvernement", a fait remarquer Servais Verherstraeten. "De Wever doit accomplir son devoir démocratique et faire ce que les Flamands attendent de lui", a dit Patrick Dewael.