Par an, 75 homicides ne sont pas découverts

Chaque année, des milliers d’erreurs de diagnostic de décès sont commises en Belgique et près de 75 homicides ou suicides ne sont pas découverts parce qu’ils sont classés, à tord, comme morts naturelles. La police judiciaire fédérale vient donc de réaliser un manuel à l’attention des médecins, policiers et magistrats. Il leur conseille notamment de considérer comme suspecte toute mort dont la cause n’est pas claire.

Une étude scientifique réalisée par les professeurs Bauthier et Van de Voorde indique que chaque année 10.000 erreurs de diagnostic de décès sont commises en Belgique, ce qui aurait pour conséquence qu’environ 75 homicides ou suicides par an ne sont ainsi jamais découverts. Entre 5 et 10% des morts classées naturelles ne le seraient pas en réalité.

A cela, il existe plusieurs explications. « L’une d’entre elles peut se situer chez le médecin qui effectue le constat de décès. Il se base souvent sur l’absence de signes extérieurs de violence pour déclarer qu’une mort a été naturelle, sans réclamer une autopsie », explique la commissaire Karen Plasschaert, qui dirige le groupe chargé d’améliorer la qualité des dossiers judiciaires en Belgique.

« Une autre raison peut être que les policiers qui sont en première ligne ne possèdent pas l’expérience ou la formation nécessaires pour constater une mort non naturelle. Ils concluent, par exemple, que s’il n’y a pas de traces de vomi il n’y a pas d’autre personne impliquée dans le décès ».

Sur base de l’étude des deux professeurs, la police judiciaire fédérale a réalisé un manuel à l’attention des médecins, policiers et magistrats. Il doit leur permettre de suivre une méthode adéquate pour ne pas classer comme morts naturelles des décès qui paraissent suspects.