Un front francophone pour BHV

Le clarificateur Bart De Wever a rencontré ce jeudi la présidente du CDH, Joëlle Milquet, et le président des socialistes francophones Elio Di Rupo, après avoir discuté avec les présidents des autres partis impliqués jusqu’ici dans les négociations pour une réforme de l’Etat. Entretemps, les présidents des partis francophones PS, Ecolo, CDH et MR se réunissaient à propos du dossier de la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Dans l’espoir de relancer les discussions institutionnelles et la formation d’un nouveau gouvernement fédéral, le président de la N-VA chargé vendredi dernier par le roi d’une mission de clarification rencontre depuis mardi les présidents des 6 autres partis impliqués jusqu’ici dans les négociations pour une réforme de l’Etat.

Ce jeudi, Bart De Wever (photo) recevait donc la présidente du CDH, Joëlle Milquet, avant de s’entretenir avec le président du PS et ex-préformateur Elio Di Rupo. Les deux invités ont qualifié la rencontre de constructive. A l’issue de ces entretiens, le clarificateur rédigera une note de synthèse, qu’il présentera au roi Albert II.

De Wever devra indiquer lundi au souverain si les négociations de formation d’une nouvelle coalition peuvent reprendre et avec quels partenaires.

Réunion des partis francophones

Entretemps, les présidents des partis francophones PS, Ecolo, CDH et MR (ce dernier n’a jusqu’ici pas été impliqué dans les négociations en vue d’une réforme de l’Etat) se rassemblaient ce jeudi midi à l’initiative d’Elio Di Rupo pour faire le point sur leur position.

Alors que le parti flamand d’extrême-droite Vlaams Belang avait annoncé qu’il demandrait la mise à l’agenda de la réunion à la Chambre de ce jeudi une scission unilatérale de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, les partis francophones voulaient s’y opposer en front commun.

Finalement, le chef de groupe du Vlaams Belang, Gerolf Annemans, et Jean-Marie Dedecker du LDD ont demandé à la Chambre, comme ils l'avaient annoncé, l'urgence pour leurs propositions de loi scindant l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Comme prévu aussi, ces demandes n'ont pas été soutenues par les autres partis. La N-VA s'est cependant abstenue lors du vote.

Les libéraux haussent le ton

Au cours d’interviews accordées à plusieurs médias, le président du MR a indiqué que les libéraux francophones étaient partisans pour mener dorénavant les négociations entre les quatre plus grands partis de Belgique, à savoir le PS, le MR, la N-VA et le CD&V, pour résoudre la crise politique. Didier Reynders estime aussi que les partis francophones empêchent le roi d’écouter les réformateurs, le privant ainsi d’une précieuse source d’information après l’échec de 4 mois de négociations entre 7 partis.

Didier Reynders a également déclaré ce jeudi qu’il espérait apprendre, au cours de la réunion de midi avec les autres partis francophones, ce qui est réellement sur la table des négociateurs actuels, notamment au sujet d’un lien territorial éventuel de Bruxelles avec la Wallonie, dont parlent certains. Le président du MR estime que le plus grand parti de Bruxelles, et ses électeurs, ont droit d’être informés - autrement que via la presse - du contenu des négociations.

Un souhait d’information qu’exprimait également le ministre fédéral de la Coopération au développement, Charles Michel (MR, photo), au cours de l’émission matinale de radio « De Ochtend », ce jeudi à la VRT. « La population sent que nous vivons un moment crucial. Il est donc important que le 2e parti de Wallonie et premier de Bruxelles soit informé de l’état de notre pays ».

Invité également dans l’émission « De Ochtend », le président des libéraux flamands Alexander De Croo (photo) a estimé que la réunion des partis francophones à propos de BHV était « une démonstration de muscles pour quelque chose qui n’arrivera de toute façon pas ». Mais Charles Michel estime qu’il est important que les partis francophones élaborent une stratégie, dans la situation actuelle, tout comme le font les partis flamands.

Et le ministre libéral d’affirmer encore que dans le traitement de certains dossiers, comme la politique d’asile et de migration, la sécurité, la justice et l’avenir des pensions, une négociation avec le MR serait nettement plus facile.

Le président de l’Open VLD, Alexander De Croo, souhaite pour sa part que le Parlement cherche ces prochains mois un accord politique au sujet de plusieurs dossiers importants, comme notamment l’asile et l’immigration. « Attendre un nouveau gouvernement serait une perte de temps ».