Aucun train sur le réseau ferroviaire belge

L’action de grève de 24 heures, lancée dimanche à 22h00 à l’initiative du syndicat socialiste et soutenue par le syndicat indépendant, paralyse l’entièreté du trafic ferroviaire en Belgique ce lundi. Conséquence: les embouteillages matinaux sur les routes étaient encore plus étendus ce matin. Ils ont atteint jusqu’à un total de 330 kilomètres. Vers 11h00 la situation s’était cependant normalisée.

La grève générale de 24 heures annoncée paralyse le trafic ferroviaire national et international sur tout le réseau belge depuis ce dimanche à 22h00. En de nombreux endroits, des piquets de grève sont stationnés et les trains qui sont arrivés dimanche soir à leur destination finale y bloquent les voies. Ce lundi matin, le porte-parole d’Infrabel (gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire), Frédéric Petit, constatait qu’aucun train ne circulait sur le réseau ferroviaire de la SNCB.

L’action de protestation du personnel de la SNCB a été lancée à l’initiative du syndicat socialiste. Elle est soutenue par le syndicat indépendant, mais pas par les syndicats libéral et chrétien. Les grévistes protestent contre le projet de contrat que le personnel devrait recevoir après 2014 chez SNCB Logistics, l’ancien B-Cargo, c’est-à-dire la filiale de transport de marchandises de la Société nationale des chemins de fer belges.

Selon Jos Digneffe du syndicat socialiste, cette action d’envergure est nécessaire parce que les syndicats ne parviennent pas à faire entendre autrement leurs plaintes auprès du gouvernement fédéral.

En cours de matinée, l’action de grève paralysait l’entièreté du trafic ferroviaire en Wallonie, alors qu’à Bruxelles les gares ont même été fermées (photo à Bruxelles-Nord). En Flandre, certains trains locaux circulent par endroits, mais le reste du trafic est entièrement à l’arrêt. Aucun train international (Thalys et Eurostar) ne circulera ce lundi en Belgique.

Alors qu’une circulation routière plus dense (en raison de la grève) et plusieurs accidents sur les autoroutes ont engendré ce lundi, notamment dans et aux alentours des grandes villes, des embouteillages matinaux plus importants qu’à l’accoutumée - à un certain moment, il y avait un total de 330 kilomètres d’embouteillages sur l’ensemble du réseau routier belge -, la situation était progressivement revenue à la normale vers 11h00 du matin.

L’heure de pointe de fin d’après-midi devrait cependant être elle aussi plus importante qu’à l’accoutumée.

Une grève controversée

L’administrateur-délégué du Holding SNCB, Jannie Haek, s’est dit déçu par l’action de grève, qu’il juge hors proportions. « Ces derniers jours, on avait pourtant pu réaliser d’importantes avancées » pour arriver à « de bonnes solutions sociales dans le dossier cargo ».

Alors que de nouvelles réunions de concertation sont prévues pour mardi, Jannie Haek avait espéré que la grève puisse être évitée.

Quant à la ministre démissionnaire des Entreprises publiques, Inge Vervotte (CD&V, photo), elle se dit également déçue de l’action lancée par les syndicats socialiste et indépendant. « J’ai tenté de jouer un rôle de médiateur entre la direction et les syndicats. Mais il semble ne pas avoir été possible d’éviter la grève ». La ministre affirme ne pas comprendre que d’autres pistes n’aient pas été envisagées.

Inge Vervotte a d’autre part estimé qu’un service minimum obligé pour la SNCB n’est pas réalisable en Belgique. Faisant allusion à l’exemple de la France, où pareil service minimum lors de grèves est imposé par la loi, la ministre fédérale affirme que « dans la pratique, cette obligation n’est pas suivie ».

"Un coût de 150 millions d’euro pour l’économie"

La Fédération des entreprises de Belgique se base notamment sur des calculs effectués lors de grèves précédentes des chemins de fer pour évaluer que l’action de protestation de ce 18 octobre coûtera entre 100 et 150 millions d’euros pour l’ensemble de l’économie.

Le port d’Anvers (photo) à lui seul évalue ses pertes à 1,5 million d’euros pour ce jour de grève ferroviaire. Il voit en effet, chaque jour, partir plus de 200 trains de marchandises de sa gare.

Selon Jan Blomme de l’Entreprise portuaire, les grèves minent la crédibilité de la SNCB. "Il y a aussi un risque que les voyageurs se détournent des chemins de fer, ce qui serait évidemment très contre-productif et juste le contraire de ce que les syndicats de la SNCB veulent atteindre. A la longue, tant les voyageurs que le port anversois devront chercher des moyens alternatifs de transport", conclut Blomme.