Bart De Wever: “Le rideau est tombé”

Alors que les quatre partis flamands - qui ont négocié ces dernières semaines en vue d’une réforme de l’Etat et la formation d’un nouveau gouvernement - estiment que le texte de compromis présenté dimanche par Bart De Wever permet d’entamer des négociations, la N-VA se dit "stupéfaite" du rejet exprimé si rapidement par les trois partis francophones impliqués dans les discussions communautaires. La N-VA estime qu’il appartient au Roi de prendre une nouvelle initiative.

C’est le chef de groupe de la N-VA à la Chambre, Jan Jambon (photo, au milieu), et non pas le président des nationalistes flamands Bart De Wever, qui a présenté ce lundi midi à la presse le point de vue du parti sur le texte de compromis proposé dimanche par le clarificateur royal. Ce dernier devait en effet encore se placer au-dessus de tous les partis, tant qu’il n’a pas été déchargé de sa mission par Albert II.

Jan Jambon a souligné que la N-VA soutient le texte de compromis de Bart De Wever. "Ce texte est aussi douloureux par endroits pour la N-VA, mais il contient bien la grande réforme de l’Etat que nous envisagions et il est défendable devant un congrès de parti". Ce dernier élément est de poids puisque, selon les statuts, la N-VA ne peut approuver la proposition que si elle est soutenue par deux tiers des membres du congrès.

La N-VA se dit d’autre part "stupéfaite" que les partis francophones PS, CDH et Ecolo aient déjà rejeté le texte de Bart De Wever quelques heures seulement après sa publication. "Je ne le comprends pas", disait Jan Jambon devant la presse, estimant que la N-VA a fait "une tentative raisonnable".

"On ne parle que de prendre ses responsabilités et la N-Va est allée loin dans sa prise de responsabilités. Mais l’encre du texte n’était pas encore sèche que le compromis était déjà rejeté".

Rapport final au Roi

A l’ouverture du bureau de son parti, ce lundi matin, Bart De Wever n’a pas caché sa déception au sujet de l’échec de sa mission. "Déception est un mot faible. Je n’en ai pas dormi", déclarait le clarificateur, terminant avec les mots de l’empereur romain Auguste sur son lit de mort "Acta est fabula" - "La pièce est jouée".

Bart De Wever s'est rendu vers 17h00 au palais royal pour y rendre au Roi le rapport final de sa mission de clarification. "L’initiative est maintenant entre les mains du souverain", estime Jan Jambon.

La N-VA n’a donc apparemment pas l’intention d’entreprendre de nouvelles démarches dans une recherche d’un compromis ou un accord. Le parti ne coupe cependant pas tous les ponts. Pendant sa conférence de presse, il n’a en effet pas appelé à de nouvelles élections législatives et n’a pas non plus déclaré que la N-VA ne voulait plus négocier.

CD&V, SP.A et Groen ! veulent poursuivre les négociations

Les démocrates-chrétiens flamands estiment également que les partis francophones ont rejeté trop rapidement le texte de compromis de Bart De Wever. Ils les appellent à mettre de côté leurs émotions, pour se pencher réellement sur le contenu de la note. "Il n’y a pas d’autre solution", affirmait le président du CD&V, Wouter Beke.

Les démocrates-chrétiens estiment que le texte représente une bonne base pour reprendre les négociations en vue d’une réforme de l’Etat et la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale.

La présidente du SP.A, Caroline Gennez (photo), souhaite également poursuivre les négociations entre les 7 partis, sur base du texte élaboré par le clarificateur. Elle estime que ce texte est loin d’être parfait et qu’il reste de nombreux détails à préciser - notamment en ce qui concerne la loi de refinancement et des garanties pour que les pensions et les soins de santé restent finançables -, mais elle estime qu’un progrès a déjà été réalisé.

"De nouvelles élections n’est pas une option. Nous commençons tout doucement à dégrader les valeurs et la perception de la fonction politique", affirmait Gennez. La présidente des socialistes flamands qualifie néanmoins de particulièrement "irresponsable et stupide" le rejet rapide des francophones.

Les écologistes flamands montrent également peu de compréhension pour le "non" rapide des partis francophones. Pour Groen !, la note de Bart De Wever est une base solide pour entamer la phase finale des négociations.

Le président du parti, Wouter Van Besien, estime cependant que le texte ne donne pas suffisamment de garanties quant au financement à long terme des pensions. Il espère néanmoins que les négociations entre 7 partis reprendront.