Les francophones rejettent le texte de compromis

Un peu plus d’une heure après qu’ils aient reçu le texte de compromis communautaire rédigé par Bart De Wever (N-VA), chargé par le roi d’une mission de clarification, les socialistes francophones annonçaient déjà que la proposition n’est pas acceptable à leurs yeux parce qu’elle ne rapproche pas les points de vue entre francophones et flamands. Le CDH et Ecolo - les deux autres partis francophones qui ont participé ces dernières semaines aux négociations communautaires - estimaient également, en cours de soirée, que le texte est déséquilibré.

Vers 18h00 ce dimanche, soit une bonne heure après qu’il ait reçu le texte de compromis de Bart De Wever (photo), le PS d’Elio Di Rupo (photo principale) indiquait qu’il rejetait le projet du clarificateur royal. Ce sont avant tout la régionalisation de la Justice et la scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, ainsi que les nouveaux mécanismes de financement des Régions - et notamment de Bruxelles - que propose De Wever qui ne conviennent pas aux socialistes francophones.

Ces mécanismes "étouffent le développement de la Wallonie et de Bruxelles, et mettent en danger le bien-être des Wallons et des Bruxellois", estime le PS. Le parti juge "humiliants" les droits que Bart De Wever veut encore accorder aux francophones qui vivent dans les communes de la périphérie bruxelloise.

Le PS affirmait être "profondément déçu" par le texte et jugeait que "le caractère unilatéral et parfois provocateur de certaines propositions risque d’accroître les tensions entre Flamands et francophones".

PS: "Un accord reste possible"

Elio Di Rupo donnait ce lundi après-midi une conférence de presse, au cours de laquelle il a vivement critiqué le contenu de la note de compromis de Bart De Wever.

Le président du PS et ex-préformateur a cependant déclaré que son parti était totalement opposé à de nouvelles élections (voir vidéo ci-jointe). Di Rupo estime qu'un accord entre les 7 partis pressentis pour s'entendre sur une réforme de l'Etat reste possible et pense qu'il faut continuer à négocier.

"Déséquilibré" pour le CDH et Ecolo

Une heure après le PS, c’était au tour du CDH de Joëlle Milquet (photo) d’exprimer son insatisfaction face à la note de 48 pages de Bart De Wever - une note dont le président de la N-VA avait affirmé qu’elle n’était pas à prendre ou à laisser, mais qu’elle laissait effectivement peu de jeu pour des négociations.

Les chrétiens-démocrates francophones qualifiaient la note également d’unilatérale, "qui ne parvient par à rapprocher les points de vue des Flamands et des francophones". Le CDH appelle à de "véritables négociations" et demande à tous les partis de faire des compromis pour parvenir à un accord final "équilibré".

Les verts francophones d’Ecolo se montraient également sceptiques, dimanche soir, à propos des propositions du clarificateur royal qu’ils jugent "peu équilibrées" et "partiales". "Les grandes balises pour atteindre un accord institutionnel durable ne sont absolument pas respectées", déclarait Ecolo.

Le parti de Jean-Michel Javaux (photo) aissait tout de même la porte entrouverte et appelait à de réelles négociations avec tous les partis concernés jusqu’ici.

Rejet total du MR

Quant aux libéraux francophones du MR, qui n’ont pas été impliqués dans les négociations en vue d’une réforme de l’Etat et de la formation d’un nouveau gouvernement, ils rejettent entièrement la note de Bart De Wever.

Le libéral et ancien Commissaire européen Louis Michel (photo) qualifiait ce lundi matin le texte de "démantèlement systématique de l’Etat belge, et de négation de la Région bruxelloise".

Olivier Maingain du Front démocratique des Francophones (FDF) constate que la note du clarificateur est "opposée aux intérêts légitimes de Bruxelles, de la périphérie et de la Wallonie". Maingain qualifie la note de Bart De Wever de "note de la N-VA qui prépare le séparatisme".