"Je n’irais pas en-dessous de cette offre"

Lors de l’émission Terzake de la VRT, Bart De Wever a insisté sur le fait qu’à travers sa note, il avait mis sur papier une offre minimale et qu’il n’accepterais pas d’aller en-dessous. Le président de la N-VA a par ailleurs déclaré s’être senti humilié par la réaction des francophones.

Bart De Wever est à ses yeux déjà allé assez loin dans son offre, notamment concernant le dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV).

C’est donc à se demander si la négociation est dès lors encore possible, voire même utile. "Je veux bien encore parler, mais si la substance de l’accord, c’est-à-dire sa structure et son système, n’est pas maintenue, alors ça ne sert à rien", a-t-il affirmé.

Le président de la N-VA a déclaré s’être senti humilié après que sa proposition lui a été immédiatement jetée à la figure, alors qu’il estime avoir énormément travaillé sur ce texte. Il a par ailleurs souligné qu’il était le premier à avoir couché une proposition de compromis sur papier. Il affirme ainsi avoir mis ses dernières cartes sur la table, sans ambition d’accéder au poste de Premier ministre.

Selon lui, les francophones feraient mieux de bien relire le texte avant de le refuser en bloc. Il souligne ainsi que pour la loi de financement, il a tenu en compte les 12 principes convenus préalablement entre les négociateurs.

Quant au fait que la presse a été mise au courant de sa note avant les présidents de partis, Bart De Wever se défend en affirmant que tous les partis étaient tout à fait au courant de ce qui allait être proposé.

Enfin, à la suite de la création d’un site de la N-VA en vue d’éventuelles élections en 2011, Bart De Wever a démenti que son parti croyait désormais de nouvelles élections étaient inévitables. "La création du site est l’œuvre d’un employé excessivement zélé, et je n’étais pas au courant".

Magnette : "Nous n’avons pas encore dit non"

Selon le ministre socialiste Paul Magnette, le PS veut absolument continuer à négocier. A ses yeux, la note présentée par Bart De Wever, en tant que "clarificateur" est à 90% le texte du préformateur, Elio Di Rupo. Seuls les derniers 10% émanent de M. De Wever mais posent problème aux francophones, a-t-il affirmé lors de l’émission dominicale de la VRT.

Paul Magnette a souligné que le PS n'avait pas encore dit "non" à la note de M. De Wever mais ne comprend pas pourquoi l'ex-clarificateur a rédigé un tel texte. La perception auprès des francophones est que cette note avait pour but de (re)créer un front flamand, a-t-il indiqué.

Les textes convergent sur 90% de leur contenu. Il y a consensus sur la régionalisation de certaines compétences et sur la nécessité de revoir la loi de financement. Mais les 10% restants du texte de Bart De Wever posent problème, comme la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde ou le statut de Bruxelles.

M. Magnette a également exprimé ses craintes qu'une révision de la loi de financement en appliquant les critères proposés par le président de la N-VA rende le gouvernement fédéral incapable d'accomplir ses missions en matière de solidarité interpersonnelle ou de gestion de la dette.

Le ministre a enfin réclamé la fin de "petits jeux" et la reprise de véritables négociations, éventuellement avec les libéraux. "M. De Wever doit cesser de jouer au Calimero", a-t-il dit.