Johan Vande Lanotte, "conciliateur" royal

Le roi a reçu en audience jeudi après-midi au château de Laeken le ministre d'Etat Johan Vande Lanotte. Il l'a chargé d'une mission de conciliation, indique un communiqué du Palais. Le communiqué précise que son premier objectif sera de recréer la confiance.

Sur la base des travaux du clarificateur, des médiateurs et du pré-formateur, il est chargé de tester les différentes hypothèses présentées en matière de loi de financement, et ce pour en prévoir les conséquences financières au niveau fédéral et au niveau des différentes entités fédérées.

Il vérifiera si ces prévisions sont conciliables avec les 12 critères convenus. Il effectuera ce travail en collaboration avec la Banque Nationale et le Bureau du Plan", ajoute le communiqué.

Par ailleurs, la mission de conciliation couvrira aussi les autres domaines traités par les 7 partis (N-VA, CD&V, SP.A, Groen, PS, CDH, Ecolo) pressentis en vue de conclure une réforme de l'Etat.
Sur base de ces travaux, Johan Vande Lanotte présentera des propositions écrites au roi.

"Le Roi et M. Vande Lanotte insistent sur la nécessité d'objectiver la négociation et de la mener dans la plus grande discrétion possible", conclut le communiqué du Palais.

"La mission la plus difficile de ma carrière"

Lors d'un bref point presse organisé jeudi à 18 heures dans les locaux du Sénat, Johan Vande Lanotte a déclaré avoir accepté la mission de "conciliateur" confiée par le roi, estimant que celle-ci ne serait pas aisée, peut-être même "la plus difficile" de sa carrière.

Le ministre d'Etat a souligné qu'il ne s'enfermerait pas dans une "méthode" et un "calendrier", se refusant à tout commentaire, certainement jusqu'au 2 novembre prochain, date à laquelle il fera un "premier rapport" au chef de l'Etat.

Conformément à la mission conférée par le Palais, le sénateur socialiste flamand a indiqué qu'il lui revenait de "restaurer la confiance" entre les sept partis engagés jusqu'ici dans la recherche d'un compromis en vue d'une réforme de l'Etat.

Son travail de conciliateur l'amènera notamment à procéder à l'"objectivation" des propositions visant à réformer la loi de financement, avec les différents partis concernés mais aussi avec le Bureau du plan et la Banque nationale qui seront invités à transcrire en chiffres plus précis les différentes propositions.

Johan Vande Lanotte s'est dit "convaincu" de la nécessité d'une réforme de l'Etat visant à répondre aux défis sociétaux et socio-économiques du pays. Il effectuera son travail en toute discrétion.

Il a refusé de répondre aux questions des journalistes.

La N-VA pas optimiste

La N-VA n'est pas du tout optimiste quant aux chances de réussite de la mission de conciliation confiée par le souverain à Johan Vande Lanotte.

Le parti qualifie de "bizarre" qu'il ait du apprendre la désignation de l'ancien ministre SP.A par la presse et s'étonne qu'on s'en tienne toujours à la formule de sept partis.

De plus, la N-VA souligne qu'elle n'a toujours reçu aucun assurance du PS que celui-ci veut une responsabilisation financière des entités fédérées, a déclaré le chef de groupe Jan Jambon.